Le temps des cadeaux 2

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Bel ouvrage illustré paru ce 28 septembre chez l’éditeur Hugo Image. Le livre est broché (22,7 x 28,6 cm) et contient 160 pages.

Les auteurs

Bruno Brel, neveu de Jacques Brel, est chanteur et écrivain. Il réside en Belgique.

Stéphane Loisy est avocat et directeur de collection d’une quarantaine d’ouvrages relatifs à la chanson et au cinéma. Il est également auteur de six livres publiés à ce jour dont Renaud, Tournée générale, paru chez Grund en 2017.

Baptiste Vignol est un écrivain Français, auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur la musique dont Téléphone, 3400 nuits (Grund 2016) ou Barbara, Si mi la ré (Grund 2017).

Présentation de l’éditeur

« Je raconte ma vie dans mes chansons, c’est un journal de bord ».

Depuis sa disparition voici 40 ans, Brel n’a jamais quitté le cœur des français et reste l’une des incarnations les plus absolues de la chanson de langue française, y compris à l’étranger.

De  » Mathilde  » aux  » Marquises « , de  » Ces gens-là  » à  » Quand on n’a que l’amour « , d’Amsterdam  » à  » Bruxelles  » ou de  » Je ne sais pas  » à  » ne me quitte pas  » , chacune de ses créations est une fulgurance biographique autant qu’une étape d’une existence marquée par la recherche permanente de l’intensité.

De sa Belgitude à ses combats libertaires, de l’observation de ses contemporains à son regard sur l’amour et la mort, chacune de ses chansons raconte avant tout l’histoire d’un homme qui n’aura cessé de chercher sa liberté et revendiquer sa soif d’absolu dans un questionnement permanent sur la nature humaine, de sa grandeur à sa déchéance.

Chacune des 40 chansons sélectionnées est restituée dans son contexte historique, biographique et musical en vue d’en saisir le sens profond dans l’existence du  » Grand Jacques « .

Brel l’indompté, Brel l’inégalé, Brel l’insaisissable ne cesse donc de nous régaler et, quarante années après sa disparition, demeure plus vivant et plus exalté qu’aucun autre héros de l’épopée de la chanson francophone.

Source : l’éditeur Hugo Image

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Brel… il y a quarante ans

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Il y a quarante ans, Jacques Brel nous quittait. Il laissait derrière lui une oeuvre immense qui a traversé le temps, dont voici cinq titres marquants.

Les cinq chansons emblématiques de l’immense Jacques Brel
(par Eddy Przybyslki – La Libre.be)

« Quand on n’a que l’amour » (1957)

Le premier album de Jacques Brel est sorti en 1954 ; le deuxième en 1956. Un point commun : ils ne marchent pas. Le producteur, Jacques Canetti, programme un troisième album pour 1957, mais la maison de disques Philips n’en veut plus : « Ce Belge nous fait perdre de l’argent. » Il y a une chose dont Canetti est convaincu : la véritable force de son poulain s’exprime quand il chante en public. Il a une idée. Chaque année, Philips organise un grand dîner rassemblant la direction de la maison, les représentants mais aussi les clients importants, grossistes et grands disquaires. Canetti décide d’amener Brel à l’hôtel Lutecia et il lui demande de chanter devant ces gens la chanson qui doit lancer l’album. Il lui demande expressément une chanson d’amour. Brel a du mal avec ça. Il va venir avec une chanson qui parle de l’amour, mais au sens universel : Quand on n’a que l’amour. Le pari de Canetti est gagné : tous les dîneurs sont enthousiastes. Brel pourra faire son troisième album et Quand on n’a que l’amour sera son premier succès.

« Ne me quitte pas » (1959)

Sa carrière alors était centrée sur les cabarets mais, l’été, il partait en tournée avec d’autres artistes. Des Simone Langlois ou des Ricet Barrier l’ont entendu chercher Ne me quitte pas de toutes les manières, car, alors, il composait dans ses loges et aussi dans ses chambres d’hôtel. Il a dit que c’est à Bordeaux qu’il a terminé Ne me quitte pas. Dès le lendemain, il la chantait sur scène. On était en toute fin de tournée. À l’époque, Jacques Brel était marié et déjà père de ses trois filles. Le fait est qu’il menait une double vie. Une femme à Bruxelles, qui a toujours été la même. Une à Paris. Il y en a eu plusieurs. En 1959, c’était Suzanne Gabriello. Donc lorsqu’il rentra chez Suzanne Gabriello, il avait sa guitare et cette chanson. Elle, elle avait une amie journaliste à sa table, Danièle Heymann. Il la leur chanta. Elles la réclamèrent trois fois. Danièle Heymann : « Laisse-moi devenir l’ombre de ton chien ! On voit un chien magnifique. Mais celui de Suzanne était un petit teckel marron. Depuis, quand j’entends la chanson, je ne peux m’empêcher de visualiser ce teckel… »

« La Valse à mille temps » (1959)

Tout est une question de sons. Quand on écoute la chanson, on n’entend pas ce que l’on croit entendre. Au début, oui : « Une valse à trois temps… »« Une valse à quatre temps… ». Mais après, cela devient : « Une valse à vingt ans, c’est beaucoup plus troublant… » puis « Une valse, ça s’entend, à chaque carrefour » et ensuite « Une valse a mis le temps de patienter vingt ans… » Jacques Brel venait de rencontrer Jojo, qui devint son meilleur ami pour la vie. Dans les cabarets, Jojo faisait partie d’un trio dont le nom était un de ces jeux de sonorités : le Trio Milson. L’idée a inspiré Brel qui va la développer à sa manière et sur l’album de 1959, qui contient l’immortelle Ne me quitte pasLa Valse à mille temps sera en réalité le succès du moment. Miche Brel, l’épouse du chanteur, a raconté qu’il en avait eu l’idée alors qu’ils se trouvaient au Maroc et qu’il conduisait une voiture sur une route pleine de virages. Le couple vivait alors avenue du Duc Jean à Ganshoren et, cette chanson-là, tous les voisins l’ont entendue par la fenêtre. Dès 1958, Brel l’a chantée à l’Exposition universelle.

« Amsterdam » (1964)

Brel possédait une villa à Roquebrune avec un jardin dans lequel il s’était fait aménager un cabanon. Il y a écrit de très nombreuses chansons et notamment Amsterdam. Il y a quelque chose qui amusait beaucoup Jacques Brel : « À cause de ma chanson, des gens sont partis à Amsterdam pour voir le port d’Amsterdam. Qui n’existe pas ! » C’est vrai. Le grand port hollandais est Rotterdam. Mais Brel aimait la sonorité du mot. Jacques Brel n’écoutait pour ainsi dire que de la musique classique. Or, les spécialistes retrouvent la mélodie d’Amsterdam dans un air anglais du XVIe siècle, Greensleeves. En 1813, un éditeur avait demandé à Beethoven d’orchestrer une centaine de traditionnels anglais. Il n’a pas terminé le travail mais ce Greenslevesfaisait partie de ceux qu’il a arrangés. C’est devenu Since greybeards inform us that youth will decay. On le trouve sur YouTube. Si vous l’écoutez, la ressemblance avec la musique de Brel est incontestable. Mais la question se pose : Brel a-t-il pu connaître ce travail assez confidentiel ?

« La Chanson des vieux amants » (1967) 

Pierre Brel était convaincu qu’il y avait du Miche Brel dans plusieurs chansons de son frère. Madeleine, Mathilde et Marieke étaient des chansons qui avaient pour titre un prénom de femme commençant par M. M comme Miche. La Chanson des vieux amants avait été écrite en 1967, après dix-sept années de mariage. Pierre Brel : « Pour qui d’autre voulez-vous qu’il ait chanté Vingt ans d’amour/C’est l’amour fol ? » C’est vrai. Mais la chanson se poursuit par un « Dans cette chambre sans berceau » qui ne convient pas à la mère de ses trois filles. Pour les spécialistes du cas Brel, cette phrase évoquerait plutôt la liaison du chanteur avec Sylvie Rivet, sa « femme parisienne »depuis huit ans. Mais il y a aussi « Bien sûr tu pris quelques amants » qui ramène plutôt à Lisette Brel, la mère de Jacques Brel. Elle est morte en 1964, deux mois après son mari aux côtés duquel elle a vécu une vie d’amour et d’amour fol. Ce qui n’empêche : « Il faut bien que le corps exulte. » En 1938, Lisette avait eu une faiblesse pour un instituteur de Jacques. Un secret de famille.

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Deux grands succès interprétés par de grands artistes néerlandophones :
Johan Verminnen (Belgique) et Liesbeth List (Pays-Bas)