Piaf, il y a 55 ans…

Edith Piaf

Il y a 55 ans, Édith Piaf s’éteignait « sous le ciel de Paris »

Le 10 octobre 1963, la voix d’Edith Piaf s’éteignait à 47 ans, au terme d’une existence hors du commun. 50 ans après, la « Môme » reste « LA » chanteuse française de référence à l’aura inégalée.

Première Française à conquérir l’Amérique, connue dans le monde entier pour justement « La vie en rose », Piaf a captivé le public. Par sa voix, mais aussi son intensité, accrue par l’économie de moyens déployés sur scène: un simple geste pour chaque chanson, une petite robe noire et un rond de lumière.

Son grand amour a été le boxeur Marcel Cerdan, disparu tragiquement en avion en 1949, alors qu’il venait la rejoindre à New York. Pour lui, elle avait écrit quelques temps auparavant le prémonitoire « Hymne à l’amour » (« Si un jour la vie t’arrache à moi… »).

Contrairement à ce qu’elle a affirmé, Edith Giovanna Gassion n’est pas née dans une rue populaire de Paris le 19 décembre 1915 mais dans la maternité d’un hôpital tout proche. Son enfance n’a pas été non plus marquée par quatre ans de cécité comme elle l’a dit, avant d’être guérie soi-disant miraculeusement grâce à Sainte-Thérèse-de-Lisieux, vénérée pendant toute sa vie par la chanteuse.

Si sa vie personnelle et professionnelle est semée d’épreuves, de drames et de tragédies (décès de sa fille Marcelle à deux ans, de sa mère dans le caniveau après une overdose…).

Monument de la chanson et « rock star » avant l’heure, Edith Piaf meurt d’une hémorragie interne dans le sud de la France, le 10 octobre 1963, usée par les addictions, de lourdes interventions chirurgicales et une polyarthrite rhumatoïde.

Les funérailles religieuses lui sont refusées car elle était remariée. Des dizaines de milliers d’admirateurs accompagnent son cercueil jusqu’au cimetière du Père-Lachaise, au coeur de Paris, un engouement qui ne faiblira pas jusqu’à aujourd’hui pour ce génie d’interprète qui a parfois fait de l’ombre à ses autres talents: auteure méconnue, elle a pourtant écrit 80 chansons, dont « La vie en rose » et « L’hymne à l’amour ».

Pygmalion, manageuse avant l’heure, Edith Piaf a déniché et fait éclore de nombreux talents : Yves Montand, Georges Moustaki, Paul Meurisse, Les Compagnons de la chanson, Charles Dumont, Charles Aznavour…

Source : DH-AFP (extraits)

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Pour écouter l’interview d’Emmanuel Bonini sur WebTV Culture, cliquez sur l’image.
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Brel… il y a quarante ans

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Il y a quarante ans, Jacques Brel nous quittait. Il laissait derrière lui une oeuvre immense qui a traversé le temps, dont voici cinq titres marquants.

Les cinq chansons emblématiques de l’immense Jacques Brel
(par Eddy Przybyslki – La Libre.be)

« Quand on n’a que l’amour » (1957)

Le premier album de Jacques Brel est sorti en 1954 ; le deuxième en 1956. Un point commun : ils ne marchent pas. Le producteur, Jacques Canetti, programme un troisième album pour 1957, mais la maison de disques Philips n’en veut plus : « Ce Belge nous fait perdre de l’argent. » Il y a une chose dont Canetti est convaincu : la véritable force de son poulain s’exprime quand il chante en public. Il a une idée. Chaque année, Philips organise un grand dîner rassemblant la direction de la maison, les représentants mais aussi les clients importants, grossistes et grands disquaires. Canetti décide d’amener Brel à l’hôtel Lutecia et il lui demande de chanter devant ces gens la chanson qui doit lancer l’album. Il lui demande expressément une chanson d’amour. Brel a du mal avec ça. Il va venir avec une chanson qui parle de l’amour, mais au sens universel : Quand on n’a que l’amour. Le pari de Canetti est gagné : tous les dîneurs sont enthousiastes. Brel pourra faire son troisième album et Quand on n’a que l’amour sera son premier succès.

« Ne me quitte pas » (1959)

Sa carrière alors était centrée sur les cabarets mais, l’été, il partait en tournée avec d’autres artistes. Des Simone Langlois ou des Ricet Barrier l’ont entendu chercher Ne me quitte pas de toutes les manières, car, alors, il composait dans ses loges et aussi dans ses chambres d’hôtel. Il a dit que c’est à Bordeaux qu’il a terminé Ne me quitte pas. Dès le lendemain, il la chantait sur scène. On était en toute fin de tournée. À l’époque, Jacques Brel était marié et déjà père de ses trois filles. Le fait est qu’il menait une double vie. Une femme à Bruxelles, qui a toujours été la même. Une à Paris. Il y en a eu plusieurs. En 1959, c’était Suzanne Gabriello. Donc lorsqu’il rentra chez Suzanne Gabriello, il avait sa guitare et cette chanson. Elle, elle avait une amie journaliste à sa table, Danièle Heymann. Il la leur chanta. Elles la réclamèrent trois fois. Danièle Heymann : « Laisse-moi devenir l’ombre de ton chien ! On voit un chien magnifique. Mais celui de Suzanne était un petit teckel marron. Depuis, quand j’entends la chanson, je ne peux m’empêcher de visualiser ce teckel… »

« La Valse à mille temps » (1959)

Tout est une question de sons. Quand on écoute la chanson, on n’entend pas ce que l’on croit entendre. Au début, oui : « Une valse à trois temps… »« Une valse à quatre temps… ». Mais après, cela devient : « Une valse à vingt ans, c’est beaucoup plus troublant… » puis « Une valse, ça s’entend, à chaque carrefour » et ensuite « Une valse a mis le temps de patienter vingt ans… » Jacques Brel venait de rencontrer Jojo, qui devint son meilleur ami pour la vie. Dans les cabarets, Jojo faisait partie d’un trio dont le nom était un de ces jeux de sonorités : le Trio Milson. L’idée a inspiré Brel qui va la développer à sa manière et sur l’album de 1959, qui contient l’immortelle Ne me quitte pasLa Valse à mille temps sera en réalité le succès du moment. Miche Brel, l’épouse du chanteur, a raconté qu’il en avait eu l’idée alors qu’ils se trouvaient au Maroc et qu’il conduisait une voiture sur une route pleine de virages. Le couple vivait alors avenue du Duc Jean à Ganshoren et, cette chanson-là, tous les voisins l’ont entendue par la fenêtre. Dès 1958, Brel l’a chantée à l’Exposition universelle.

« Amsterdam » (1964)

Brel possédait une villa à Roquebrune avec un jardin dans lequel il s’était fait aménager un cabanon. Il y a écrit de très nombreuses chansons et notamment Amsterdam. Il y a quelque chose qui amusait beaucoup Jacques Brel : « À cause de ma chanson, des gens sont partis à Amsterdam pour voir le port d’Amsterdam. Qui n’existe pas ! » C’est vrai. Le grand port hollandais est Rotterdam. Mais Brel aimait la sonorité du mot. Jacques Brel n’écoutait pour ainsi dire que de la musique classique. Or, les spécialistes retrouvent la mélodie d’Amsterdam dans un air anglais du XVIe siècle, Greensleeves. En 1813, un éditeur avait demandé à Beethoven d’orchestrer une centaine de traditionnels anglais. Il n’a pas terminé le travail mais ce Greenslevesfaisait partie de ceux qu’il a arrangés. C’est devenu Since greybeards inform us that youth will decay. On le trouve sur YouTube. Si vous l’écoutez, la ressemblance avec la musique de Brel est incontestable. Mais la question se pose : Brel a-t-il pu connaître ce travail assez confidentiel ?

« La Chanson des vieux amants » (1967) 

Pierre Brel était convaincu qu’il y avait du Miche Brel dans plusieurs chansons de son frère. Madeleine, Mathilde et Marieke étaient des chansons qui avaient pour titre un prénom de femme commençant par M. M comme Miche. La Chanson des vieux amants avait été écrite en 1967, après dix-sept années de mariage. Pierre Brel : « Pour qui d’autre voulez-vous qu’il ait chanté Vingt ans d’amour/C’est l’amour fol ? » C’est vrai. Mais la chanson se poursuit par un « Dans cette chambre sans berceau » qui ne convient pas à la mère de ses trois filles. Pour les spécialistes du cas Brel, cette phrase évoquerait plutôt la liaison du chanteur avec Sylvie Rivet, sa « femme parisienne »depuis huit ans. Mais il y a aussi « Bien sûr tu pris quelques amants » qui ramène plutôt à Lisette Brel, la mère de Jacques Brel. Elle est morte en 1964, deux mois après son mari aux côtés duquel elle a vécu une vie d’amour et d’amour fol. Ce qui n’empêche : « Il faut bien que le corps exulte. » En 1938, Lisette avait eu une faiblesse pour un instituteur de Jacques. Un secret de famille.

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Deux grands succès interprétés par de grands artistes néerlandophones :
Johan Verminnen (Belgique) et Liesbeth List (Pays-Bas)