La chasse aux cadeaux (4)

lf » Je me sers d’animaux pour instruire les hommes…  » C’est ainsi que Jean de La Fontaine dédicaça ses Fables au fils de Louis XIV.

La Fontaine, qui n’a dû réciter quelques-unes de ses fables à l’école depuis son plus jeune âge. « Le corbeau et le renard », « Perrette et le pot au lait », « Les animaux malades de la peste », « Le lièvre et la tortue », « Le loup et l’agneau » et « La cigale et la fourmi ». Des fables qui restent gravées dans notre mémoire. Mais il y en a tant d’autres qui méritent d’être connues car elles composent théâtre imaginaire d’historiettes riches d’enseignement.

Je lisais assez peu avant mes 16 ans, mais je me souviens du plaisir que j’avais de vivre dans l’univers des fables de La Fontaine. J’avais trouvé ce recueil oublié par les ans dans le grenier de la maison de mon enfance. Il était enfoui dans une vieille armoire géante et poussiéreuse parmi d’autres ouvrages, journaux et prospectus qui m’ont laissé le souvenir d’odeurs qu’il est convenu de qualifier d’enivrantes.

Dans le grenier, – c’était là que je l’avais trouvé, c’est donc là que je me rendrais désormais pour lire à même le sol et sous un cône de lumière, ce bestiaire illustré commun. Y avait-il endroit plus propice à la solitude nécessaire pour me retrouver en compagnie de ces animaux singuliers tantôt coupables, tantôt victimes desquels jaillissait une morale si chère au fabulateur que je prenais parfois plaisir de réciter à haute voix ?

Aujourd’hui encore je lis et relis l’oeuvre de ce La Fontaine dans des éditions sinon plus choisies du moins plus récentes tandis que me revient en mémoire cette leçon reçue plus tard par quelque maître clairvoyant : une fable bien récitée est une fable bien comprise qui ignore les hésitations et requiert rythme, intonations et… silences.

Si j’ai déjà beaucoup d’ouvrages illustrés contenant les fables de La Fontaine, j’y ajouterai cette année « Les fables de La Fontaine illustrées » par Joann Sfar. Le livre est paru, en novembre dernier, aux éditions Michel Lafon.

L’âge recommandé pour la lecture est site entre 9 et 12 ans, personnellement je préférerais 9 et 99 ans et plus. Mais sans doute est-ce là une façon qu’à l’éditeur de signaler aux nouveaux lecteurs que les fables retenues écartent toutes celles qui sont moins accessibles.

Il existe de nombreux ouvrages consacrés aux Fables de Jean de La Fontaine. Voici une fable extraite des Fables de La Fontaine illustrées par Henry Lemarié.

« Les fables de La Fontaine illustrées – Joann Staf
Editons Michel Lafon – 207 p. – 20,00 €

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lfeoUne série d’émissions diffusées sur France Inter pendant l’été 2017 était consacrée à La Fontaine. Il en a été tiré un livre, « La Fontaine, une école buissonière », écrit par Erik Orsenna, de l’Académie française. L’ouvrage est agréable à lire et constitue une bonne introduction et incitation à la lecture des fables .

Présentation de l’éditeur :

« Depuis l’enfance, il est notre ami. Et les animaux de ses  Fables, notre famille. Agneau, corbeau, loup, mouche,  grenouille, écrevisse ne nous ont plus jamais quittés.
Malicieuse et sage compagnie !
Mais que savons-nous de La Fontaine, sans doute le plus  grand poète de notre langue française ?
Voici une promenade au pays vrai d’un certain tout petit  Jean, né le 8 juillet 1621, dans la bonne ville de Château-Thierry, juste à l’entrée de la Champagne. Bientôt voici Paris,  joyeux Quartier latin et bons camarades : Boileau, Molière,  Racine.
Voici un protecteur, un trop brillant surintendant des  Finances, bientôt emprisonné. On ne fait pas sans risque  de l’ombre au Roi Soleil.
Voici un très cohérent mari : vite cocu et tranquille de l’être,  pourvu qu’on le laisse courir à sa guise.
Voici la pauvreté, malgré l’immense succès des Fables.
Et, peut-être pour le meilleur, voici des Contes. L’Éducation  nationale, qui n’aime pas rougir, interdisait de nous les  apprendre. On y rencontre trop de dames « gentilles de  corsage ».
Vous allez voir comme La Fontaine ressemble à la vie :  mi-fable, mi-conte. Gravement coquine. »
« La Fontaine, une école buissonnière » – Erik Orsenna
Editions Stock – 198 p. – 17,00 € (existe aussi en Poche)
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Le temps des cadeaux 1

cadeauNous voici arrivé en décembre. Déjà nous songeons de temps en temps aux fêtes qui approchent, la chasse aux idées est donc ouverte.

J’essayerai dans les prochains jours de trouver – avec votre aide si vous le souhaitez – le cadeau qui pourrait faire plaisir à nos amis et à nos proches. Pour rester dans l’esprit du blog il s’agira de livres et de disques essentiellement.

Au cas où vous auriez une idée plus ou moins géniale – il ne faut pas nécessairement que Mireille Mathieu en fasse l’objet – n’hésitez pas à me la communiquer via les commentaires ou le bouton « contact ». Le titre et le nom de l’album (CD / LP) ou du livre suffisent.

my.jpgL’album « Marguerite Yourcenar, portrait intime » est selon moi le cadeau idéal pour qui veut découvrir cette écrivaine de talent, reçue par Jean d’Ormesson à l’Académie Française en 1980.  Le texte est tout à fait accessible, instructif et joliment écrit ; il est illustré par de très nombreuses et merveilleuses photos. On y trouve au dernier chapitre « Les carnets gourmands » qui confient quelques recettes de plats ou pâtisserie fort appréciés par notre écrivaine pour qui cuisiner était une manière de soutenir la vie.

Derrière l’image de la grande écrivaine, première femme élue à l’Académie française, se cachait un être libre et passionné. Celle qui se considérait comme la « servante des oiseaux » et voyait la cuisine comme une alchimie, a pleinement vécu en accord avec ses convictions. Citoyenne du monde, pionnière de l’écologie, militante de la cause animale… Au travers de son art de vivre et d’une sélection de ses recettes de cuisine préférées, de nombreux documents d’archives parfois inédits et de ses écrits, se dessine le récit intime de sa vie.

Vu la qualité de cet ouvrage présenté par Amélie Nothomb, le prix me paraît tout à fait raisonnable (29,00 EUR). Couverture cartonnée – Format  23,8 x 2,3 x 19,9 cm.