Mireille, Els et la mystérieuse médaille

32840681_1865728400131084_3227074839500029952_n2L’ami Philippe, du site Aujourd’hui je reviens, affiche joliment une photo de Mireille Mathieu en compagnie de Mme Els Mulder à l’Eurogress de Aachen (Aix-la-Chapelle). Faute d’information précise quant à la présence d’une mystérieuse médaille présentée avec fierté, j’ai adressé un courrier à Mme Mulder qui m’a aussitôt répondu avec gentillesse et bienveillance.

Mme Mulder est diplômée en « Langue et littérature françaises » de l’Université de Leyde et en « Management de l’Education » de l’Université d’Amsterdam. Elle enseigne le français depuis plus de 35 ans aux élèves d’établissements d’enseignement général et technique et a reçu, ce 29 mars 2018, des mains de l’ambassadeur de France aux Pays-Bas, une Palme académique à titre de Chevalier. C’est cette décoration qu’il nous est donné de voir sur le site de Philippe.

Mme Els Mulder considère que cette remise de Palme académique, dont elle est très fière, est redevable en grande partie à Mireille Mathieu dont elle est fan depuis longtemps. En effet, son amour pour la chanson française en général et le répertoire de Mireille Mathieu en particulier ont servi de levier au lancement de Els dans ses activités en rapport avec la francophonie. Par le biais de cette médaille, Els a eu l’occasion de rappeler à Mireille l’énorme influence que peuvent exercer des artistes comme elle sur la carrière professionnelle de leurs admirateurs tout en y ajoutant un clin d’œil, car c’est aussi grâce Mireille que notre fan néerlandaise a rencontré jadis son mari.

Capture321Mireille et moi tenons symboliquement la Palme prise en photo par Philippe à Aix-la-Chapelle, le 6 mai dernier. C’est une façon pour moi de boucler la boucle, nous dit Els, qui ajoute : contrairement à ce que l’on pourrait croire, je ne remets donc pas la médaille à Mireille, mais nous la tenons amicalement dans nos mains, de manière à lui donner une valeur sentimentale toute personnelle suscitée par l’association de mon admiration pour Mireille à mon amour pour la langue française.

Le boîtier contenant la Palme académique est désormais bien mis valeur sur un beau dressoir chez Els Mulder, du côté de Naaldwijk. Mireille peut quant à elle aussi, se flatter d’avoir reçu de belles décorations dans de nombreuses circonstances et notamment la prestigieuse Légion d’honneur qui lui a été remise par Nicolas Sarkozy en 2011.

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Pour en savoir plus

M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale a nommé, Mme Els Mulder, Chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques. La lettre adressée par l’ambassade de France aux Pays-Bas est datée du 5 février 2018. J’en cite un passage : Votre parcours d’enseignante de français ainsi que dans l’éducation scolaire, votre investissements dans de nombreux projets éducatifs, la mission que vous avez accomplie au sein du bureau de la section de français de l’Association des professeurs de langues étrangères et votre rôle essentiel dans l’organisation du Congrès national des professeurs de français, ont notamment retenu toute notre attention. Je tiens à vous adresser mes très vives félicitations pour cette nomination qui consacre votre engagement au service de la francophonie et de la diffusion de la langue française aux Pays-Bas.

La cérémonie de remise des Palmes académiques par M. Philippe Lalliot, ambassadeur de France aux Pays-Bas, s’est déroulée le 29 mars 2018 à la Résidence de France, à La Haye (Residentie van Frankrijk in Den Haag). M. Philippe Lalliot à prononcé un discours élogieux à l’égard de Mme Els Mulder, dont j’ai retenu ce passage : Vous avez toujours su que vous seriez professeur de français. Votre adolescence a été bercée par les chansons françaises que vous écoutiez chez vous, dans la petite ville de Heenvliet. De là notamment vous vient l’amour de la langue française, qui n’a ensuite jamais faibli. Vous êtes toujours, m’a-t-on dit, une grande admiratrice de Mireille Mathieu, Michel Sardou, Edith Piaf, Patrick Bruel ou encore Gérard Lenorman, que vous avez déjà tous entendus de nombreuses fois en concert. Vous connaissez leurs chansons par cœur, tant et si bien que je me suis laissé dire que vous avez même été choriste bénévole, en 2017, à Liège, le temps d’un concert de Gérard Lenorman. Mme Els Mulder, vous êtes, en un mot, une grande ambassadrice de la langue française et de la Francophonie aux Pays-Bas. Votre engagement indéfectible auprès de vos élèves, de vos collègues, de votre établissement, tout comme votre enthousiasme communicatif, ont largement contribué au rayonnement de la langue française et des compétences pédagogiques, et c’est toute la communauté éducative qui en a bénéficié. 

Voyez le site « Frankrijk in Nederland » (ambafrance.nl)

Texte (publié avec l’accord de Mme Els Mulder) : RicoSouvenirs sur base d’une correspondance en néerlandais.

Photo : H.M. via l’iPhone de Mme Mulder (photo affichée prioritairement sur le site Aujourd’hui je reviens)

Sources : Mme Els Mulder (narration) & Ambafrance.nl (extraits du discours de l’Ambassadeur)

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Mireille Mathieu in Aachen (06.Mai 2018)

Welttournée – En guise de conclusion

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Mireille Mathieu à Düsseldorf – Tonhalle 4 mai 2018

La Welttournee en Allemagne est arrivée à son terme. Wolfgang qui habite à Essen (Allemagne) nous donne l’impression générale qu’il en a tiré. (Voyez aussi son commentaire précédent, relatif au concert donné à Düsseldorf [cliquez ici]).

Merci pour ton résumé du concert à Aachen (cliquez ici).
D’après ce que je lis et comprends, tu as ressenti le concert, la tournée et la prestation de Mireille presque de la même façon que moi.
Cela concerne en particulier la voix de Mireille, sa manière assez « détendue » avec le publique, son merveilleux travail avec le chœur et un orchestre formidable.
D’après ce que j’ai vécu et lu dans les critiques (d’ailleurs toutes favorables), il y avait deux modèles de concerts : dans les salles multifonctionnelles, le début avec une projection sur l’écran de ses débuts de carrière – comme l’Olympia de 2014 – et dans les salles concert-concert (classique) comme l’Elbphilharmonie, la Tonhalle de Düsseldorf et autres salles destinėes aux grandes voix et soirėes d’opéra…, un début intro suivi de « Il faut croire ». Puis, peut- être, aussi le style plus classique, avec par exemple « Die Tage der Liebe » et un rappel dont a été gratifié Düsseldorf  avec Hinter Den Kulissen Von Paris.
Quant à la voix de Mireille, elle doit l’avoir énormément travaillée, car elle a sensiblement remédié aux faiblesses relevées naguère. De plus, l’orchestre et chœur portaient merveilleusement sa voix, confirmant ainsi l’important complémentarité du maestro pour la bonne réussite d’un concert.
Le résultat en était surprenant. Bravo Mireille !

Puis sa décontraction, que tu décris aussi, a laissé au publique le sentiment d’un concert entre amis – en pleine amitié.
Mireille me semblait moins nerveuse/tendue que dans certains concerts récents, ce qui a peut-être contribué aussi a l’effet positif de sa voix. Elle me semblait bien « entouré » pour les musiciens, la lumière la technique, etc. Tout cela fait le grand succès de cette tournée.

Comme chansons clés et super bien présentées, moi qui aime moins ses Schlager, je peux les citer quasi toutes. A commencer avec un Una canzone, La Paloma Ade, Je t’aime avec ma peau, Une histoire d’amour et bien sûr le magistral Hymne à l’amour… ainsi que toute la deuxième partie et les deux chansons allemandes « classiques » : Die Tage Der Liebe et Meine Rose. De l’Amour défendu à Non, je ne regrette rien et Maman la plus belle du monde, sans oublierbien sûr, Prends le temps que Mireille finit en disant au public : « Je vous aime ! » et Hinter Den Kulissen Von Paris en rappel, c’était vraiment un délice musical.
La présence de Mireille était éblouissante. Les salles bien choisies.
Une tournée mémorable.
Je suis heureux d’avoir assisté.
Et espérons que Mireille saura et pourra continuer ce chemin encore longtemps.

A bientôt. Amitiés. – Wolfgang.

MM à Aix-la-Chapelle (Aachen)

31964220_1863111533728638_7389112042990338048_n (2).jpgDimanche 6.5.2018. – A six heures précises, ou presque, les lumières se sont éteintes et le rideau rouge découvrait un orchestre surmonté d’un écran géant en guise d’ouverture du concert de Mireille dans la ville de Charlemagne. Le film sur fond musical nous présentait des images de Mireille donnant rétrospectivement le ton au concert qui, refoulant toute morosité, sera à la fois évocateur du passé, souriant, rythmé et émouvant. Et l’hommage discret à Johnny Stark trouvera son prolongement tout au long du concert, la majorité des chansons interprétées datant de la grande période Stark, plus particulièrement celle où la formule du concert n’avait pas encore entièrement pris le dessus sur celle music-hall.

Mireille s’est ensuite avancée souriante vers le public, et émue de se retrouver dans une salle qui l’avait déjà accueillie lors des tournées précédentes a entamé sa première chanson : « Il faut croire » version française de « Glauben ». J’ai beaucoup apprécié sa petite robe grise dont la coupe nous est devenue familière, tout en souplesse et parée d’éclats miroitants sous la lumière des projecteurs et de riches dentelles rappelant les tatouages des temps anciens.

31957191_10215764786857952_6717413887001493504a_n (2)Si la tournée 2018 peut-être considérée à part entière comme une réussite, c’est aussi non seulement grâce à la présence indéniable et sa voix bien posée, mais aussi grâce à la prestation dynamique et nuancée de l’orchestre placée sous la direction de Thierry Bienaymé qui a succédé en 2017 à Jean Claudric qui était jusque-là le chef d’orchestre attitré de Mireille. Thierry Bienaymé serait, aux dires de ceux qui l’ont approché, un « monsieur d’une extrême courtoisie, d’une gentillesse à toute épreuve et d’une timidité qui le rend encore plus attachant ». A noter qu’on retrouve son nom avec celui de Jean Claudric et Roger Loubet pour l’orchestration des chansons de l’album « Mireille Mathieu chante Piaf ». (Orchestre : 1 accordéon, 1 flûte, 1 batterie, 2 claviers, 2 guitares, 2 violons, 1 alto (?), 1 violoncelle, 3 choristes.)

32082581_1862330103806781_2032158819710140416_n (3)Voici la liste de chansons interprétées ce dimanche 6 mai : Il faut croire – Tous les enfants chantent avec moi – La Paloma Ade – Martin – Je t’aime avec ma peau – Tara-Ting Tarata-Tong – Une histoire d’amour – Una Canzone – Es Geht Mir Gut Chéri – L’Hymne à l’amour – An Einem onntag In Avignon [entracte] Mon Crédo – Santa Maria – Un dernier mot d’amour – Der Pariser Tango – La voix de Dieu – Hinter den Kulissen von Paris – Une vie d’amour – Medley (Over The Rainbow, Sakura, Solamente Una Vez, Molly Roy, Ochi Chernye, Lascia ch’io pianga) – Meine Rose Akropolis Adieu – Amour défendu – Non, je ne regrette rien – Maman, la plus belle du monde – Prends le temps.

Sans tenir compte du medley, 10 chansons ont été interprétées en allemand et 14 français, ce qui me paraît un rapport tout à fait correct. Wolfgang signalait dans son commentaire de Düsseldorf une très belle interprétation de « Die Tage Der Liebe ». Mireille ne l’a pas interprétée à Aachen et c’est bien dommage. Il n’y a pas eu de chansons interprétées en rappels non plus, mais le triomphe était bien assuré !

Une mention particulière pour « Amour défendu », la plus belle version que j’ai entendue jusqu’à présent ; « Un dernier mot d’amour », qui se prête mieux à la « nouvelle » voix de Mireille et quelques autres interprétations parfaites comme : les chansons d’Edith Piaf, « Una Canzone » et « Maman, la plus belle du monde » que je m’étais pourtant juré de ne pas aimé. Je pense ici particulièrement à ma voisine luxembourgeoise dont le flot de larmes (communicatives) m’a sérieusement inquiété un sacré moment.

31958003_1863111713728620_320516220841361408_naEst-ce dû aux bons conseils de Thierry Bienaymé ou Mireille aurait-elle, enfin, oublié les conseils d’un célèbre professeur de chant (clin d’œil nostalgique à mes articles de 2005), toujours est-il que la voix m’a semblé parfaite du début à la fin. Par rapports aux derniers concerts auxquels j’ai pu assister, la prestation m’a ébloui. Mireille m’a aussi semblé – pour autant qu’on veuille admettre qu’elle l’a été – moins affectée qu’autrefois. Il est ressorti une impression de concert entre amis qui portent l’artiste dans le cœur plutôt qu’une face au public où il faut prouver son excellence. Et après tout, cette décontraction bienvenue était peut-être due a fait que Mireille savait que la Welttournée 2018 était gagnée à la veille du dernier concert à Hanovre, et que « son » public venait en grande partie pour évoquer des souvenirs, écouter des airs qui sont devenus de grands classiques de son répertoire, même si la plupart d’entre-eux sont légers et font moins penser aux grandes heures de l’opéra qu’à celles de bals populaires rondement menés par le savoir-faire de l’orchestre et de l’artiste. Saluons en passant le beau travail travail des éclairagistes et des techniciens du son.

Si la salle Euro(con)gress n’affichait pas complet, le public était cependant nombreux et généreux par ses ovations répétées, ses cadeaux inattendus et de nombreux bouquets de fleurs accompagnés des drapeaux français, allemand et européen.

Merci à Jean-Luc pour les photos.