21 novembre 1965 – Une seconde naissance

dyn006_original_336_514_pjpeg_2586430_008289a45679288c83d61f562729012e.jpgEn juillet 1965, presque un an après son succès au concours d’Avignon, Mireille passe en lever de rideau dans un gala de variété dont Enrico Macias est la vedette. Elle chante « Jézabel». Johnny Stark demande ses coordonnées et puis… l’oublie !

A la mairie d’Avignon décide de payer les frais permettant à Mireille de se rendre à Paris pour tenter sa chance à « Télé-Dimanche ». Un rendez-vous est pris pour une audition, le 18 mars 1965. Arrivée dans la capitale, Mireille logera chez la fille du professeur de chant de la première lauréate d’Avignon, Michèle Torr.

Mireille arrive donc en taxi au studio 102 de la  » Maison de la Radio ». Il y a Raymond Marcillac, Nanou Taddei la première femme de Johnny Stark) et Roger Lanzac, le présentateur du « Jeu de la chance ».
Après l’audition, Mireille rentre à Avignon pour attendre la réponse.

Elle attendra ainsi huit mois avant de recevoir la convocation pour participer à « Télé-Dimanche », le 21 novembre 1965.

Cette année-là, le général De Gaulle prépare son élection présidentielle et Johnny Hallyday, qui revient du service militaire, sa rentrée à l’Olympia. Le 20 novembre, la veille donc du passage de Mireille au « Jeu de la chance « , Johnny qui préparait le « Palmarès de la chanson » de Guy Lux entend Mireille Mathieu pour la première fois et déclare : « Elle a une belle voix, mais Piaf est encore trop proche. »

La vraie date de naissance de « Mireille Mathieu grande vedette », c’est donc à Paris, sur un écran de télévision, deux ans, un mois et dix jours exactement après la mort de Piaf. Dix millions d’inconnus devant leurs postes de télévision vont croire la grande Edith Piaf ressuscitée dans cette petite gamine d’Avignon âgée de 18 ans qui chante « Jézabel ».

44458-resizeandfill-416x331-238x300.jpgMireille est effrayée par tous ces gens de la télévision qui s’agitent autour des caméras. Et puis, elle est impressionnée par Georgette Lemaire « parce qu’elle est de Paris et qu’elle n’a pas d’accent », dira Mireille. Car Georgette Lemaire est là et depuis quatre semaines elle est la première, l’idole, la vedette de ce « Jeu de la chance ». Elle chante Piaf, elle aussi !

Dès les premières notes, quand elle apparaît sous les projecteurs, Mireille fait frémir ces dix millions de téléspectateurs anonymes qui enregistrent son nom comme on s’accroche à une étoile. Elle a peine fini de chanter « Jézabel » que c’est l’explosion. Le coup de foudre pour tous ceux qui ont la nostalgie de la voix de la grande disparue qu’est Edith Piaf. En trois minutes, de toute la France, les coups de téléphones affluent. Pour les un ce seras un cas, pour d’autres, un miracle, voire même une réincarnation. Pour les sceptiques – il y en a aussi – ce n’est qu’un feu de paille. Mais personne ne reste indifférent à cette apparition, à cette voix.

Roger Lanzac, le présentateur et annonce Mireille Mathieu et Georgette Lemaire à égalité… Voyez à ce sujet l’article d’Avignon : « Jeu de la chance – Quand le cœur de la France balance » (cliquez ici).

Le lendemain, le lundi 22 novembre 1965, Mireille trouve sa photo en première page de « France -Soir » accrochée aux kiosques à journaux ; la semaine suivante, Mireille Mathieu revient d’Avignon, cette fois avec Raoul Colombe.

A « Télé-Dimanche, Georgette Lemaire, parle d’abandonner. Roger Lanzac lui conseille de chanter, puis de se désister en faveur de Mireille Mathieu avant qu’il annonce les résultats. Il en sera ainsi. Mireille passera cinq semaines de suite à « Télé-Dimanche » et il lui suffira de quelques chansons de Piaf avec sa robe noire pour mettre la France à genoux devant elle. Ce sera sa marche triomphale vers la consécration.

guy lux,johnny stark,maurice chevalier,georgette lemaire,le jeu de la chance,raoul colombe,roger lanzac,raymond marcillac,21 novembre 1965,1965Ce dimanche de novembre 1965, Johnny Stark est devant son poste de télévision comme tout le monde. Il regarde « Télé-Dimanche ». Lorsqu’il voit apparaître sur l’écran un visage avec une frange, il s’écrie : « C’est ma petite d’Avignon ! ». Il veut en faire une vedette et, sans plus réfléchir, saute dans un taxi et débarque à la la « Maison de la Radio » pour rencontrer Mireille. Avec lui, Mireille va rapidement devenir la plus grande de toutes !

Trois jours plus tard il l’accompagne chez ses parents à Avignon. Johnny Stark et Raoul Colombe se rencontrent et c’est ainsi que l’homme qui a découvert Mireille (Raoul Colombe) passera la main en la confiant à celui qui va, dorénavant, la façonner.

L’accord de Roger Mathieu, le père de Mireille, est également obtenu (Mireille est mineure). Johnny Stark se met aussitôt à l’œuvre et ne va pas hésiter à engager d’énormes sommes avant de gagner réellement de l’argent avec elle.

Comme ballon d’essai, Johnny Stark emmène Mireille pour une tournée de quatre jours avec Hugues Aufray et France Gall (du 6 au 9 décembre 1965). Le test est bon, mais Johnny Stark n‘est pas entièrement satisfait.

Maintenant tout ira très vite. Mireille passe à l’Olympia dans le spectacle du jour de l’an de Sacha Distel, avec les trois chansons d’un répertoire qu’elle n’a même pas : « Je sais comment », « Le Noël de la Rue » et « L’Hymne à l’amour. »

Elle enregistre ensuite son premier disque avant de partir pour les Etats-Unis. Johnny Stark lui apprend à respirer, à parler, à chanter, à se tenir sur scène, à table et dans la société. Il lui enseigne comme s’habiller et faire vibrer les foules. Il y aura beaucoup de larmes, de crises de rage et de désespoir des deux côtés. C’est de là qu’est partie la légende de tyran et d’exploiteur de Johnny Stark. Bref, la crise de croissance sera terrible. Maurice Chevalier adopte Mireille sans hésiter et lui prédit : « Quand vous serez dégagée du fantôme de Piaf, vous deviendrez la reine du music-hall. »

Note. – « Le Jeu de la Chance » du 21 novembre 1965 est entré dans la légende de la télévision et de la chanson française. Comme toute légende, une autre vérité a supplanté au fil des ans la vérité historique. Qu’importe les détails contradictoires s’ils ajoutent quelque éclat à une belle et triste histoire à la fois.  

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Sources : les biographie « Oui, je crois  » (J. Cartier) , « Mireille Mathieu » (Vick Vance), « Mireille Mathieu » (Christian Page), « La véritable Mireille Mathieu » (E. Bonini).
Adaptation : Ricochet « Avignon »

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Johnny Stark… avant Mireille

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RicoSaga.jpgNom : Stark
Prénoms : Roger, Oscar, Emile (et non Johnny comme l’affirment certains)
Date de naissance : 29.08.1922, à 5 heures et 15 minutes (*) 
Date de décès : 24.04.1989

Johnny Stark est le plus dynamique des imprésarios, le plus grand des managers dans le show-business.
C’est un colosse aux yeux très vifs, gris, verts ou bleus, très bleus, selon les jours, avec des favoris un peu roux et une tignasse blonde légèrement argentée.
Quand on le verra arriver la première fois à Avignon, chez les Mathieu, les petits le prendront pour le héros de « Bonanza », la série qui passait à la télévision. Johnny Stark est tout simplement Cannois.
Il a vécu en Corse jusqu’à l’âge de11 ans, puis sur la côté d’Azur, entre Cagnes-sur-Mer et Antibes et principalement à Cannes où il fréquentait l’école de La Bocca.
Signe particulier : il a une envie sur la joue gauche, de naissance.

Il tient sa haute taille de son arrière-grand-père paternel, un géant de 1,92 m qui, bien qu’Alsacien, était maquignon au Texas (U.S.A.).
Son père qui, lui aussi dépassait le 1,80 m, était horticulteur. Il avait des propriétés à Cagnes. Il a créé un pois de senteur très long et unique au monde. Il travaillait avec les Américains. C’était un homme très dur qui criait beaucoup après son fils et le menaçait souvent :
« Il le fallait, reconnaît Johnny Stark. J’étais un petit monstre bagarreur, voulant toujours avoir raison. Je voulais toujours commander, sinon c’était la bagarre pour obtenir ce que je voulais. »
Sa mère, également très grande – 1,72 m – était très douce et gentille.
Cette mère qu’il adorait est morte trop tôt à Nice, à l’âge de trente-trois ans. Il ne s’en remettra jamais.
Du coup, il devient un révolté, travaille beaucoup moins bien en classe et se dresse systématiquement contre tout. C’était un très mauvais élève, mais un garçon très débrouillard. Et puis, il était un excellent joueur de football, car, à quatorze ans, il avait déjà sa taille d’adulte et pesait 70 kilos, un poids qu’il a conservé jusqu’à ses trente ans.
Ce « dur » était, en revanche, et est resté un tendre. C’est également un grand timide : c’est pour cela qu’il paraît méchant et terrible.
A quinze ans, pour lui, c’est « jupons volent! » On le met à la porte de l’école. Alors son père déclare : « Vas-y, travaille ».

JS&EP.jpgPendant un an il fera tous les métiers pour se faire de l’argent de poche : livrer des fleurs, presser des jus de fruits au « Pam-Pam » de Juan-les-Pins, s’occuper de l’entretien en jardinage de certaines propriétés, etc.

En 1941, il a 17 ans et s’engage comme volontaire en Afrique du Nord, dans les armées de la France libre. Il apprendra ce qui est devenu son métier au contact des troupes américaines et de leurs spectacles aux armées. Il apprendra du même coup à voir très grand… à l’américaine.
La paix revenue, il traîne entre 1944 et 1946 à Hong-Kong. Il y ramasse un peu de pécule et revient à Cannes en mai 1946. Johnny Stark a 22 ans. Il prépare cette année-là son premier gala intitulé : « La nuit des vedettes » au stade des Hespérides, à Cannes (15 août 1946). Il réunit le plus beau plateau du monde : Edith Piaf, Yves Montand, Lily Fayol, Reda Caire, Marie Bizet, Johnny Hess et l’orchestre d’Aimé Barelli, plus une partie sportive avec Marcel Cerdan, Laurent Dauthuille, Robert Charron, etc. Il n’a pas réfléchi au budget et l’addition se révèle très lourde. Il perd un million de l’époque. « On apprend ainsi le métier », conclut-il avec philosophie.

Il ne tardera pas à devenir le Bruno Coquatrix de l’époque. Il organise des tournées avec Tino Rossi, Luis Mariano, Roger Pierre et Jean-Marc Thibaut, Gloria Lasso, Dalida et Marino Marini. Il crée le Théâtre de Verdure de Cannes en séduisant François andré, le célèbre roi des casinos.

En 1947, il engage au Théâtre de Verdure de Juan-les-Pins et pour la Corse tout un programme avec Edith Piaf, encore en vedette, et Jil et Jean en vedette américaine. Marcel Cerdan, l’ami d’Etith Piaf, suivait la troupe partout.

Johnny Stark s’occupait aussi d’Yves Montant. Il s’était acheté un triporteur Peugeot et faisait son affichage lui-même avec l’aide de deux copains, un boxeur et un camarade de régiment. C’est ainsi que Loulou Gasté le découvre et lui demande de collaborer avec lui pour s’occuper de Line Renaud en 1949. (Line Renaud et Loulou Gasté se sont mariés le 19 décembre 1950. La première femme de Johnny Stark, Nanou Taddéi était témoin.)

Le succès de cette collaboration lui donne des ailes.  L’été 1950, Johnny Stark présente, à l’occasion de la grande tournée de Line Renaud avec l’orchestre de Loulou Gasté, une dizaine d’artistes parmi lesquels nous retrouvons Henry Salvador et Philippe Clay. De nombreuses villes de l’ouest et du sud de la France seront parcourues durant près de deux mois. Peu après, Johnny Stark décidera de voler seul.

En 1960 il rencontre Johnny Hallyday à l’Alhambra. Johnny Stark le prend en main et le catapulte vers le succès. Plus tard, c’est au tour de Sylvie Vartan et Hugues Aufray. Puis vient le divorce avec le couple Hallyday parce que Stark refuse de partager « avec les copains » la barre du navire (1965). Dans le show-business, on murmure que Stark est fini. Pour se prouver à lui-même et aux autres qu’il est toujours le plus grand et le meilleur, il cherche à faire quelque chose d’exceptionnel. Et c’est la rencontre avec Mireille Mathieu qui va signifier un nouveau départ et une nouvelle vie pour tous les deux, un conte de fées qui est loin d’être terminé…

Sources :
Vick Vance « Vedette à la une » – Librairie Saint-Germain-des-Prés. Revu et corrigé sur base de « Mireille Mathieu » (Christian Page), « Oui, je crois » (Jacqueline Cartier) et « La véritable MM » (Emmanuel Bonini).
(*) Emmanuel Bonini « La véritable MM » (p. 75).

Adaptation et vérification : Ricochet « Avignon – RicoSouvenirs »

1966, une année importante

dyn004_original_324_400_pjpeg_2586430_66b8b8d4fd2a7536e498751e19c4082a.jpgRicoSaga 160.jpgLe diamantaire se met à l’oeuvre

Mireille habite alors un luxueux appartement à Neuilly, entouré d’un jardin et de silence. Il lui semblera qu’elle aura vécu trois vies en douze mois. De même qu’elle a conquis la France, elle a également conquis le reste de l’Europe. Ses disques deviennent des best sellers en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse.

Mireille fera une tournée triomphale de plus de 20 000 km avec soixante galas en deux mois. Elle sera également la vedette de nombreuses émissions sur les chaînes française et allemande. La toute première fois que Mireille a chanté en Allemagne était à Berlin-Est, au Friedrichstadpalast.

Mireille s’envolera plusieurs pour les Etats-Unis. Elle fera un détour par Montréal où elle chantera au Palais des Sports devant plus de 20 000 personnes.

Cette année-là, la princesse Grace de Monaco l’invite à une croisière sur le nouveau paquebot « La Renaissance » et Mireille fera aussi un roman-feuilleton pour le magazine « Nous Deux ».

Johnny Stark n’a pas tardé à tailler son diamant brut : Mireille prendra des cours de diction, des cours de chant et apprendra comme se comporter dans le beau monde qu’il lui faudra bien fréquenter.

mchetmmltddb.jpgMaurice Chevalier et premiers disques

Mireille se rendra à « La Louque », la propriété de Maurice Chevalier qui lui dira : « Il y a une grande différence entre vous et Edith Piaf. La môme Piaf marchait sur le trottoir de l’ombre et vous, Mireille, vous marchez sur le même trottoir que moi, celui du soleil. »

Le 3 mars 1966, Mireille son premier 45 tours avec « Mon Credo ».
1 335 000 copies seront vendues dans les cinq premiers mois. François Rauber, orchestrateur de Jacques Brel, a apporté sa contribution à ce vinyle qui deviendra « collector ».

En fin d’année, son premier 33 tours suivra. Paul Mauriat, le célèbre chef d’orchestre, s’est chargé des arrangement musicaux de plusieurs chansons. Celles arrangées par François Rauber y figureront aussi.

Johnny Stark écrira sur la pochette de l’album : Mireille Mathieu a fait des progrès considérables aussi bien dans la maîtrise de sa voix que dans l’affermissement de sa personnalité, mais le chemin est encore long avant d’aboutir à l’extraordinaire perfection dont elle est capable. C’est dire que pour moi, Mireille Mathieu n’est qu’une débutante, il ne saurait d’ailleurs en être autrement après une aussi brève carrière. Ce disque est bon parce qu’il est vrai; il est émouvant parce qu’il est le fruit du travail acharné d’une jeune artiste parfaitement résolue à n’arriver que par son talent.

MEEPEA.JPGMireille en Amérique

Mireille passera à l’Ancienne Belgique de Bruxelles (du 25 février au 2 mars) toujours avec Sacha Distel et Dionne Warwick – avant de s’envoler pour New York. Elle s’y rendra quatre fois cette année.

Quand Mireille débarque à New York, pas un Américain ne connaît son nom.  Elle chantera en mars dans la prestigieuse émission « The Ed Sullivan Show ». Les téléspectateurs tombent sous le charme de Mireille qui vient ainsi de faire la conquête de l’Amérique. Plus tard elle sera invitée au « Merv Griffin Show » et, à New York, au « Johnny Carlson Show ».
Il y aura aussi Las Vegas, Los Angeles, Honolulu….

Mireille se rendra à Hollywood où elle rencontrera Elvis Presley dans les célèbres studios de cinéma. Elvis venait de tourner « Girls happy » préparait son nouveau film « California Holiday ». Partout, Johnny Stark établi des contacts. Des projets se dessinent. On veut employer sa « nice face » au cinéma et au théâtre, mais Mireille renâcle, car ce qu’elle veut, c’est chanter.

Bonini illustré 1 006.jpgAccident et Olympia

Mireille sera victime d’un accident de la route. Sa D.S. dérape sur l’autoroute de l’Ouest, près de Mantes. Mireille souffre de contusions multiples. Elle tient à chanter le soir même au casino de Trouville. Johnny Stark interrompt cependant la tournée.
Malgré le repos forcé, Mireille veut être prête pour l’Olympia car Bruno Coquatrix a décidé de lui offrir la tête de l’affiche (*) à partir de la mi-septembre.
Georges Chelon, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault sont affichés en première partie.
Le couturier Louis Féraud s’est chargé de sa garde-robes et Paul Mauriat dirigera l’orchestre.
L’Olympia est plein à craquer  et lui réserve un accueil de reine. Le Tout Paris est dans la salle : Maurice Chevalier, Aznavour, Eddy Barclay, Fernand Reynaud, Lucien Morisse (qui a découvert Dalida et tant d’autres), Jean-Claude Pascal et bien d’autres artistes. Elle reçoit des télégrammes de Frank Sina, Sammy Davis Jr, Bing Crosby, Fred Astaire, Joan Crawford, Sacha Distel, Adamo, Line Renaud, Dalida, Petula Clark, Hervé Villard et, bien sûr , de ses parents.
Quinze rideaux et des applaudissements frénétiques annoncent la consécration définitive de Mireille Mathieu qui n’imite plus Piaf, mais la continue.

(*) Confusion chez les biographes car le programme de l’Olympia indique que MM passait en vedette américaine du spectacle de Roger Pierre / Jean-Marc Thibault.

mdmis66.jpgParis en colère

En 2006, Mireille enregistre « Paris en colère » et « Soldats sans armes » et figure parmi les 500 invités au super-gala du film « Paris brûle-t-il ? » de René Clément. Gala se tiendra au 1er étage de la tour Eiffel, le 24 octobre. Le film raconte la libération de Paris en 1944. La musique est de Maurice Jarre, un grand compositeur de musique de films. Cette chanson est une des plus célèbres de Mireille Mathieu qui la chante régulièrement depuis 40 ans. Le soir du gala, Yves Montant chantera le fameux « Chant des partisans ». Mireille ne chantera pas.

New York de nouveau.

Mireille repart à New York, cette fois avec François Reichenbach, le cinéaste et ses assistants. François Reichenbach va filmer Mireille dans tous ses déplacement. Le film,destiné à la télévision, sera diffusé le 25 décembre , le jour de Noël.

Mireille assistera à la grande soirée de Maurice Chevalier dans l’Empire Room du Waldorf. L’Empire Room est un cabaret avec des tables occupées par des personnes très fortunées. Maurice Chevalier a alors 78 ans et donne un spectacle qui fait honneur au qualificatif de « Frenchman Number One » que venait de lui attribuer le présentateur. Et puis tout à coup il parle de Mireille et descend près de sa table : « She is wonderfull… » Il entraîne Mireille sur scène et poursuit . « Permettez-moi de vous présenter ma petite fiancée française, Elle s’appelle Mireille Mathieu ! ». La salle de l’Empire Room, debout, ovationne le couple Chevalier-Mathieu. C’est ainsi que Mireille a gagné en quelques minutes ce que d’autres mettent des années à obtenir : la sympathie de tout ce que New York compte de VIP.

mcmapps.jpgA Los Angeles, Mireille préparera très rigoureusement sa participation au « Danny Kaye Show ». Elle rencontrera Simone Signoret qui n’a pas manqué de lui donner de bons conseils. La cote de popularité de Simone Signoret était alors extraordinaire à Hollywood.. Mais il y a plus encore, car le crooner Andy Williams souhaite la faire participer à son émission télévisée : « The Andy Williams Show » .

Crise passagère

La fin de l’année qui a si bien démarrée se termine par un clash entre la « victime » et son « bourreau ». Johnny Stark exige toujours davantage de Mireille et de plus en plus rapidement. De sérieux conflits surgissent et Johnny Stark parlent d’abandonner la partie car sa protégée ne lui donne pas entière satisfaction. Stratégie ou véritable coup de sang ? Heureusement la crise est passagère et tous deux reprendront ensemble la route qui a déjà été fleurie de succès.

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Sources : Vick Vance, J. Cartier, Christian Page, E. Bonini, Bob Rolontz, Denis Goise, www.europopmusic.eu
Adaptation : Ricochet, pour Radio CoCoon.

Les biographes se contredisent parfois et se font concurrence en imprécisions. 
Exemple : Jacqueline Cartier indique clairement que Mireille n’a pas chanté à la tour Eiffel (p. 287 « Je n’ai pas chanté ce soir »), Vick Vance et Emmanuel Bonini écrivent qu’elle y a chanté, citation à l’appui dans le dernier cas (p. 153), quant à Christian Page, il n’en dit rien. Imprécision également quant à la date du super-gala. Emmanuel indique l’heure mais pas la date. Jacqueline Cartier indique : sortie du film le 24 octobre. Etant donné « Qu’il était une fois… » de Denis Goise et « Oui, je crois de Jacqueline Cartier sont cautionnés par Mireille, je retiens que Mireille n’a pas chanté à la tour Eiffel cette année là, mais plus tard, à l’occasion de la sortie du film « La bataille d’Angleterre ». Je retrouve deux fois le 24 octobre. C’est donc la date retenue.

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Yves. – Je désire souligner deux imprécisions dans le récit des événements de 1966. D’abord, Mireille a chanté au Ed Sullivan Show en mars, soit avant de participer au Johnny Carson Show (Tonight Show), en juin. Ensuite, elle était la vedette américaine de Roger Pierre et Jean-Marc Thibault en septembre 1966. C’est donc eux qui passaient en deuxième partie, Mireille ayant clôturé la première. Cela étant dit, il est vrai qu’il existe des versions parfois contradictoires des événements de cette année. »

Ricochet @ Yves 
1. MM a chanté le 6 ou le 15 mars dans le Ed Sullivan Show. Certains citent 50 millions de téléspectateurs, d’autres 98 millions ! MM dans « Oui, je crois » (p. 21) : « Ainsi voici le troisième géant de la télévision américaine : après Ed Sullivan, Merv Griffin, Johnny Carson m’accueille dans sa célèbre émission To Night Show ». Le paragraphe a été adapté.
2. Vous confirmez ce que j’ai écrit sur ce blog précédemment (http://avignon.skynetblogs.be/archive/2010/08/04/les-olympia-de-mireille.html). Je vous présente ici le texte que j’avais préparé pour Radio Cocoon et qui est basé sur les biographies de MM. Aucune d’elles ne signale le passage de MM en première partie du spectacle de Roger Pierre et Jean-Marc Thibeault. Sur base du programme que je détiens, j’avais demandé à l’époque aux fans bien informés d’éclairer ma lanterne. Personne n’a été à même de le faire (où n’a osé le faire). Je n’ai donc pas insisté. Vous faites bien de me le rappeler, car il est utile de le signaler en bas de paragraphe. 

Les années 60 – Prélude à la grande aventure

ocdmq1.jpgRicoSaga.jpgDans les années 60, Mireille n’avait pas beaucoup de temps pour penser au flirt. Pas de bal, de sortie ou de cinéma car ce sont des plaisirs qui coûtent chers et les Mathieu ne sont pas riches. Mireille apprendra cependant à connaître, les chansons à la mode. Tino Rossi, Maria Candido, Edith Piaf défilent.

De nouvelles idoles sont propulsées dans le monde féerique de la chanson et le microsillon commence à connaître ses lettres de noblesse, tandis qu’un autre monde e bouge de l’autre côté de l’Atlantique avec Elvis Presley, Bill Haley et tant d’autres qui donnent les premiers tours de manivelle au Rock’n Roll.
Johnny Hallyday a 16 ans et vient met en France le feu aux poudres. Tous les jeunes n’ont plus qu’une rêve : devenir l’idole de demain.

Mireille comme tous ceux de son âge commence à se poser la question : « Pourquoi pas moi ? ». L’effet magique du petit écran fait son œuvre de boîte à rêves.

dyn010_original_357_215_pjpeg__bb819918b3f9c62873159ed2ed1d0c56.jpgEt Mireille rêve, mais c’est encore un rêve inconscient. Sa maman, Marcelle, est enceinte pour la treizième fois et Mireille a donc d’autres soucis en tête – sauf le temps des émissions, le soir, où chacun se chamaille gentiment pour occuper la meilleure place devant la télé.

C’est à cette époque que Raoul Colombe, qui est adjoint au maire d’Avignon, à l’idée d’officialiser un concours de chant en plain air qui s’intitulera « On chante dans mon Quartier ».

Toutes les catégories sont libres de s’y produire : chansonnette, charme, réalisme, opéra. Les éliminatoires ont lieu en public.
Le lauréat de chaque catégorie se voit attribué un magnifique diplôme de la ville d’Avignon qui pourrait lui donner un coup de pouce dans le monde de la chanson.

dyn008_original_236_238_pjpeg__7c1ccb7838555e778750b271031dde59.jpgDepuis que Johnny Hallyday, Sheila, Claude François, Françoise Hardy et Sylvie Vartan sont au haut de l’affiche malgré leur très jeune âge, le concours d’Avignon prendra progressivement plus importance pour les jeunes qui y participent.

Un soir de juin, alors que Mireille allait prendre avec sa soeur Monique un chocolat au « Palais de la Bière », elle voit une affiche indiquant qu’un critérium de la chanson ouvert à tous aura prochainement lieu.
Sa sœur, Monique, qui connaît bien le rêve de Mireille lui demande pourquoi elle ne se présente pas. Mireille qui était bien connue pour sa belle voix et ses interprétations remarquées de Maria Candido et Edith Piaf se souvient des bravos réservés par ses amies travaillant avec elle en usine.

Elle se laisserait volontiers convaincre, mais son père, Roger Mathieu, serait-il d’accord ? Dans les années 1960 l’autorité paternelle était toute puissante.

michele torr,raoul colombe,maria candido,cartier,radio-crochet,ricosagaLorsque Mireille lui en parle, son papa qui se souvient de ses propres ambitions lui répond : « Tu veux devenir chanteuse Mireille ? Et bien… je ne t’en empêcherai pas. Bien au contraire !

Les dés sont jetés, mais il reste à remporter le premier prix du critérium « On chante dans mon quartier ». Marcelle Mathieu, vient de mettre la dernière main à la petite robe que portera Mireille. Mireille se présentera dans la catégorie « Chanteuse réaliste » avec les « Cloches de Lisbonne », une chanson de Maria Candido.
Mireille est fortement encouragée par ses proches, mais rien n’est gagné car il y a beaucoup de jolies voix en Provence. Mireille a cependant confiance.

En 1962, le choc sera rude pour Mireille qui voit Michèle Torr, une autre débutante lui être préférée en demi-finale. Son rêve s’écroule, mais pas pour longtemps.

C’est ici que nous retrouvons Raoul Colombe qui a perçu en Mireille un talent particulier qu’il veut encourager. Il lui conseillera de prendre des leçons de chant. Avec ses énormes possibilités, Mireille, il ne doute pas que Mireille l’emporteras l’année suivante.
Mireille commence à envisager sérieusement sa carrière de chanteuse, car elle a senti le charme qu’elle exerçait et sur la presse régionale et sur le public.

ocdmq2.jpgRoger Mathieu, lui aussi croit au destin de Mireille et va user de toutes ses relations pour trouver un professeur de chant pour Mireille.
Mireille les paiera en faisant des heures supplémentaires à l’usine.

Le nom de son professeur de chant est Laure Collière qui avait été répétitrice de chant à l’Opéra d’Avignon. Pendant deux longues années Laure Collière fera tout pour que Mireille apprenne le solfège.

De nombreuses chansons du répertoire d’Edith Piaf sont interprétées et beaucoup travaillées. Tu n’a pas la voix de la môme Piaf, pourquoi vouloir à tout prix la chanter ? demande Laure Collière qui devine que Mireille court devant un nouvel échec. L’obstination de Mireille est trop forte : elle chantera Mme Piaf.

En juin 1963, c’est un nouvel échec, en finale cette fois-ci avec « L’hymne à l’amour ». « Une très bonne voix, mais pas encore tout à fait au point», dira le jury.

dyn006_small150_432_648_jpeg_2677228_29669bed94c9313fde39944c14b10a4c.jpgMireille sent intuitivement qu’elle est sur la bonne voie et que le public l’aime malgré l’échec. Très disciplinée, elle poursuit ses leçons de chant
L’année suivante, donc en 1964, elle remporte la victoire avec « La Vie en Rose ». C’est le délire chez les Mathieu. Mireille signe aussitôt un contrat pour une tournée d’été et un passage à l’Alhambra de Marseille.

Pendant ce temps, Raoul Colombe, l’adjoint au maire d’Avignon veille. C’est grâce à lui que Mireille est retenue pour les éliminatoires d’une émission télévisée, Télé-Dimanche, animée par Roger Lanzac. La grande aventure commence.

Sources : Christian Page « Mireille Mathieu », vérifications dans « Oui, je crois » (J. Cartier) et « La véritable Mireille Mathieu » (E. Bonini). Adaptation : Ricochet (Blog Avignon).
N.B. – Erreur de Christian Page ou « coquille » de l’éditeur, sur base de son livre (p. 25, Brea Editions), Mireille aurait participé à « On chante dans mon quartier » en 1963, 1964, 1965. « Oui, je crois », « MM-Vedette à la Une » et « La véritable MM » indiquent : 1962, 1963, 1964.

Adaptation/corrections : Ricochet pour Radio CoCoon (3e partie).

1967, Moscou. Un pas de plus.

bc_1_b.jpgRicoSaga 160.jpgMireille en Union soviétique

Après la conquête de l’Amérique, vient celle de l’Union Soviétique. Mireille part Mupour la Russie le 25 mai 1967. Elle y fera une tournée triomphale d’un mois. Elle visite le musée de l’Ermitage, rencontre le ministre de la culture et reçoit des muguets à Moscou, des lilas à Leningrad et des pivoines à Kazan. Cette tournée avait été organisée par Bruno Coquatrix, le directeur de l’Olympia et patronnée par le ministère des Affaires culturelles.

Les ballets d’Arthur Plasshaert, les trente musiciens de Paul Mauriat et le chanteur Michel Delpech sont également du voyage. Les 200 000 places ont été vendues en un temps record à Moscou.

Les Russes surpennent Mireille par leurs réactions. Ils écoutent les chansons dans un silence religieux, attendent quelques secondes puis se mettent à applaudir tous en même temps et en cadence. Malheureusement elle ne peut visiter qu’imparfaitement le magnifique pays qui l’a si bien accueillie.

Au cours de la soirée de gala donné par les Choeurs de l’Armée soviétique au Palais des Sports, Mireille chante en solo « Quand fera-t-il jour, camarade ». C’est à l’occasion du cinquantième anniversaire de la révolution d’Octobre, que Mireille crée dans la capitale soviétique cette chanson qui est devenue un énorme succès et dont les paroles sont de Gaston Bonheur.

Mireille revient à Paris le 26 juin et commence à faire sa tournée estivale à travers la France. Une ville par jour pendant deux ou trois mois. Cet été-là Mireille a compris ce que Johnny Stark voulait dire lorsqu’il parlait de la difficulté d’être une chanteuse à succès.

dyn002_small150_275_502_jpeg_2586430_1e9d61afe378cc865ca674793929e1fd.jpgAllemagne et Amérique

Après la première prestation de Mireille le 22 janvier, à Munich (Allemagne). Mireille retournera à Montréal, à New York, Rio de Janeiro et Buenos Aires. Le 27 janvier 1967, Mireille fait un triomphe dans le super-show Ford à San Francisco. A la suite de ce show, un contrat de cinq ans lui est proposée pour travailler aux Etats-Unis.
Après un temps de réflexion l’offre est déclinée par Mireille et Johnny Stark car la France serait trop loin.
Mireille donnera encore une série de concerts en Allemagne du 30 avril au 15 mai.

Rivalité ?

A cette époque une certaine presse essayera encore de créer une fausse rivalité entre Mireille et Georgette Lemaire, mais sans succès car les deux chanteuses suivent des routes différentes.

Mireille récompensée

Quarante critiques de variétés de seize pays réunis à Venise attribuent à Mireille le prix de la meilleure vedette de la télé européenne pour la catégorie chant.
A la Salle Pleyel, Mireille reçoit le ruban d’honneur de la chanson française en présence de Roger Lanzac et Georges Auric.

mm partition la dernière valse.jpgMireille recevra également « Lion d’argent » de Radio Luxembourg, à Essen, le 7 octobre, pour « Paris en Colère ». Ce lion de cinq kilos récompense la vedette étrangère la plus populaire en Allemagne. Mireille chantera devant les huit mille privilégiés venus assister à la remise de ce trophée.

Mais l’Allemagne ne s’arrête pas à Essen, Mireille chantera dans la salle de l’Orchestre Philharmonique de Berlin. La radio française Europe 1 transmet en direct son premier récital.

La Dernière Valse

Selon le magazine français « L’Express », cette chanson avait également été enregistrée par Petula Clark. Or le disque souple et la bande magnétique de Mireille arrivèrent les premiers chez les programmateurs de radio.
Petula Clark devait créer la chanson dans l’émission de Guy Lux « Le Palmarès aux Chansons » qui passait le jeudi. Hélas pour Petula Clark, Mireille avait été invitée le dimanche précédent « en dernière minute » dans une autre émission. Elle chante « La dernière valse » et est donc la créatrice de cette chanson à la télévision. Cette primeur lui permettra de ventre près de 400 000 exemplaires en deux mois.

Mireille et les majestés

Mireille est âgée de 21 ans et reçoit sa première invitation à Londres pour chanter au « Royal Command Performance » du Palladium, le 13 novembre. Ce gala est donné au bénéfice des vieux artistes et en présence de la famille royale. Mireille sera présentée sera présentée à la reine d’Angleterre, aux côtés de Bob Hope et de Tom Jones. La première page du Times montrera le lendemain la photo de la reine Elisabeth II avec Mireille Mathieu.

MM Olympia RBC.jpgMireille se produira également devant la princesse Paola de Belgique à l’occasion d’un gala au profit des handicapés. Ce jour-là Johnny Stark est de mauvaise humeur. Tout le monde cherche Mireille. Quelques heures plus tard, une somptueuse limousine stoppe devant l’hôtel. Mireille expliquera à Johnny Stark : « J’étais tout simplement avec la princesse Paola. Elle est venue me chercher au début de l’après-midi et je suis allée avec elle dans un centre pour jeunes handicapés. »

3e Olympia

Nouvel Olympia en 1967, du 14 décembre au 15 janvier. Ce sera le troisième. Cette fois l’image voulue par Johnny Stark est au point. Johnny Hallyday, Charles Trénet, Charles Aznavour, Henri Salvador, Line Renaud, Jacques Anquetil, Kiki Caron et bien d’autres viennent l’encourager. Annoncé comme la consécration parisienne de Mireille Mathieu, ce spectacle donné à bureaux fermés fut à la hauteur.

Vincent.jpgNaissance chez les Mathieu

Mais 1967 c’est aussi l’année de la naissance du 14e enfant chez les Mathieu. Mireille offre a ses parents une villa blanche d’une étage, de style provençal, avec un grand balcon qui court autour et onze pièces spacieuses et ensoleillées. Cependant rien d’autre n’a changé chez les Mathieu : la maman de Mireille continue à s’occuper de son intérieur et de sa grande famille. Les grands des enfants travaillent déjà, les petits vont encore à l’école et Mireille tient à ce qu’ils y restent le plus longtemps possible.

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Les biographies ne manquent pas de fantaisie. Même Mireille ne semble pas faire de distinction entre la Reine Fabiola et la Princesse Paola (voir Christian Page). Il s’agissait bien sûr de la princesse Paola. A l’impossible nul n’étant tenu, je n’ai retenu que les informations les plus crédibles. A Essen (pour certains Düsseldorf !!!), Mireille aurait chanté « La Dernière Valse ». Ariola indique « Paris en colère ». Je retiens la source « officielle ».
Sources : « Oui, je crois » (J. Cartier), « La véritable MM » (E. Bonini), « Mireille Mathieu » (Vick Vance), dossier Ariola et « Mireille Mathieu » (Christian Page).
Adaptation : Ricochet pour Radio Cocoon (6)

Adieu Rosendael, bonjour Avignon

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RicoSaga.jpgDélaissée dès après sa naissance par sa génitrice, Marcelle avait été éleveé à Dunkerque chez sa grand-mère qui décèderait en 1940, à l’âge de 92 ans. Sans réserve et à nouveau orpheline, Marcelle sera recueillie par la patronne d’un établissement où avait oeuvré jadis sa maman en tant que serveuse de café.

Marcelle(-Sophie), la future maman de Mireille, s’appelait donc encore Poirier lorsqu’elle s’est retrouvée en 1944 dans le Vaucluse, lors de l’exode des années 40. Née à Rosendael dans le Nord de la France, à 3 kilomètres de Dunkerque, Marcelle n’ y retournera pas lorsque la guerre aura pris fin.

La France entière fête sa libération. Marcelle-Sophie qui a repris le goût à la vie , va danser comme tout le monde et rencontrera le grand amour, en la personne de Roger Mathieu. Ils ne se quitteront plus. Très vite, Marcelle-Sophie, qui est alors responsable du service de ravitaillement à la mairie d’Avignon, devient Madame Roger Mathieu. Presque aussi vite, le 22 juillet suivant – nous sommes en 1946 -, vient le premier bébé.

« Nous l’appellerons Mireille ! C’est un nom de Provence » décrète Roger, qui voit toute la Provence défiler devant lui. Le prénom « Mireille » , c’est la Provence à travers la musique et la littérature. Viendront ensuite Monique, Christiane, Marie-France, Réjane, les jumeaux Régis et Guy qui précèdent Roger, Jean-Pierre, Rémy ; puis Sophie, Philippe, Béatrice et enfin Vincent.

Mireille dira en 1983 de son papa, Roger Mathieu : « Mon père a toujours eu une belle voix de ténor léger, mais à cette époque là… » chanter n’était pas un considéré comme un métier par le grand-père Mathieu. « Dans la famille on est tailleur de pierre de père en fils… Tu seras tailleur de pierre comme moi, comme mon père… La chansonnette, pas question ! » et Roger devint tailleur de pierre en maniant le ciseau et le marteau, en façonnant l’onyx, le marbre, le granit ou le basalte. A travers tous les angelots naissants sous ses doigts, Roger Mathieu chantait. Les Mathieu vivront dans le quartier des Morillons, un faubourg hors des remparts d’Avignon. Un faubourg insalubre. Mais dans ce triste décor vit une famille proprette, unie et gaie.

La guerre 39/45 est terminée, Avignon, comme les autres villes de France panse ses plaies. Le quartier des Morillons va être rasé pour faire place à des H.L.M. en béton… Les Mathieu sont relogés dans un autre faubourg avignonnais, « La Croisière ». La famille s’installe dans un baraquement préfabriqué en fibrociment de la Cité des Malpeignés, qui sera vite baptisé « Le Chicago d’Avignon ». Ce n’est pas encore le luxe, même si le sol est moins boueux qu’aux Morillons. C’est pourtant dans ce quartier que Mireille grandit et entretient ses rêves d’enfant.

Quelques années plus tard la famille déménage à nouveau . Cette fois pour un cinq-pièces ! Un toit, une véritable Maison, toujours dans un faubourg d’Avignon, mais au nom enchanteur, prometteur : La « Croix des Oiseaux ». Mireille change un nouvelle fois d’établissement scolaire. Elle a horreur de l’école. Elle préfère de beaucoup s’occuper de la maison, aider sa maman et s’occuper avec elle des petits frères et sœurs. « J’ai réussi mon certificat d’études » annonce fièrement Mireille en entrant chez elle ce jour-là. Sa première vraie victoire !

Les temps sont durs et les rentrées d’argent trop justes pour subvenir aux besoins de cette famille de quinze personnes. Alors Mireille, le cœur en fête, accompagnée de sa sœur cadette Monique, prend le chemin de la fabrique d’enveloppes du village voisin de Montfavet. Huit kilomètres aller-retour qu’elles font à pied dans un premier temps, puis à bicyclette, ensuite en vélo-moteur.

Mais la fabrique qui employait Mireille avec sa sœur Monique fait faillite. Mireille se retrouve au chômage. C’est alors qu’elle a accepté un poste de monitrice dans une colonie de vacances « Les Cigales ». Une poste qui lui convient à merveille. Ces garçons et ses filles de onze, douze ou treize ans deviennent vite ses autres frère et sœurs.

« La chanson, c’est tout pour moi ! » dira plus tard Mireille. C’est pourquoi elle chantera déjà avec bonheur, une nuit de Noël, dans la petite église de la Croisière, un cantique provençal que son père lui avait appris. Mireille avait à peine 4 ans. «Ce jour-là, j’ai reçu mon premier cachet de vedette : des sucettes ! ».

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Sources : «Mireille Mathieu », Christian Page ; vérifications et précisions : dans « Oui, je crois » (Jacqueline Cartier) et « La véritable Mireille Mathieu (Emmanuel Bonini).
Adaptation : Ricochet « MM-Avignon »
, pour Radio CoCoon.

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Andrès. – D’où peut venir Mireille si ce n’est du « Paradis ». Comme au « Paradis » on s’ennuie à mourir (eh oui! Toujours une fleur à la main et quand on se rencontre on se dit bonjour « Amour », y en a plus que marre à la longue). L’avantage quand on est au « Paradis » c’est que l’on peut choisir son avenir sur la terre. Donc Mireille décide de partir sur la terre où tout n’est pas rose mais au moins on ne s’ennuie pas; alors elle décide de naitre dans une famille où elle sait qu’au début ce sera difficile mais par la suite beaucoup plus agréable et de plus fera sortir de la misère un couple plus que méritant. Vous vous rendez compte vivre dans le quartier ‘Les Morillons » que je baptiserais plutôt « Les Moribonds » pour ces braves gens, c’est un calvaire! Il faut savoir que pour quitter le « Paradis il faut le bon vouloir de qui vous savez (excusez-moi n’étant pas croyant j’ai du mal à prononcer son identité, lol). Sachant que Mireille allait faire une bonne action « Il » l’autorisa. J’en profite pour souhaiter bonne fête à Mireille.

Ricochet @ Andrès. –  Allons donc ! A défaut de croire à « qui l’on sait », tu aimes les contes célestes. Intéressant comme réflexion : Mireille vient au monde dans l’univers de Zola heureuse de savoir y trouver un jour son paradis. Le Christ lui est venu au monde conscient d’entrer en enfer mais rassuré de rejoindre 33 ans plus tard son paradis. Reste à savoir qui l’a vraiment gagné. Et en avant pour un blasphème de plus !