Ouvreuse à l’Olympia…

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Broché: 249 pages
Editeur : Fayard (14 janvier 2004)
Collection : Documents
Langue : Français
ISBN-10: 2213618399
ISBN-13: 978-2213618395
Dimensions du produit: 21,5 x 2 x 13,5 cm

Avec fraîcheur et naïveté, elle parle des vedettes avec les mots propres aux fans, un peu maladroits mais toujours tendres. (Thierry Coljon – Le Soir)

Août 1964 : Jeanne Tallon, vingt-trois ans, entre comme ouvreuse à l’Olympia. Elle y restera jusqu’en 1999, occupant toutes les fonctions, jusqu’à la direction de salle. Aujourd’hui, elle raconte, vus de l’intérieur, trente-cinq ans de la vie du plus célèbre music-hall d’Europe. Des générales en robe de soirée et smoking aux concerts de rock, des alertes à la bombe aux tours manqués des illusionnistes.

Elle a vu le tout jeune Johnny Hallyday, les lèvres blanches de trac, écouter religieusement Bruno Coquatrix avant de se jeter sur scène, elle a consolé des fans de Frédéric François et donné des places gratuites à des mamies resquilleuses. Elle a repassé les chemises d’un des Compagnons de la chanson, dansé avec Sacha Distel et bu le dernier verre avec Charles Trenet. Au fil de ses souvenirs, elle raconte aussi le public d’Enrico Macias, dresse un portrait peu convenu d’un Jean-Pierre Bacri, alors ouvreur-placier, charmant les jolies spectatrices, pleure à la légendaire dernière de Jacques Brel, et assiste aux répétitions d’Yves Montand. Elle découvre Michel Sardou débutant et Michel Simon, étonné comme un enfant. [n.d.r. Mireille Mathieu quant à elle est toujours aussi timide, aussi réservée et très protégée par Johnny Stark. Elle n’est pas du genre à traîner au Saint-Hilaire après avoir chanter deux chansons en première partie, car elle rentre vite chez elle.]

Derrière les Floride et les Teppaz, le rock, la nouvelle vague et le Yé-Yé, derrière les feux du music-hall, Jeanne Talion parle aussi , avec foi et sincérité, des  » faiseuses d’ange « , de la difficulté de joindre les deux bouts et du sida qui commence à frapper.

Une femme dans son époque.

Sources : Fayard – Le Soir – site Aujourd’hui je reviens

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Johnny Stark – Mireille Mathieu –  Bruno Coquatrix – Paul Mauriat
(La photo n’est pas dans le livre)

Deux extraits du livre toujours disponible sur amazon.fr

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21 novembre 1965 – Une seconde naissance

dyn006_original_336_514_pjpeg_2586430_008289a45679288c83d61f562729012e.jpgEn juillet 1965, presque un an après son succès au concours d’Avignon, Mireille passe en lever de rideau dans un gala de variété dont Enrico Macias est la vedette. Elle chante « Jézabel». Johnny Stark demande ses coordonnées et puis… l’oublie !

A la mairie d’Avignon décide de payer les frais permettant à Mireille de se rendre à Paris pour tenter sa chance à « Télé-Dimanche ». Un rendez-vous est pris pour une audition, le 18 mars 1965. Arrivée dans la capitale, Mireille logera chez la fille du professeur de chant de la première lauréate d’Avignon, Michèle Torr.

Mireille arrive donc en taxi au studio 102 de la  » Maison de la Radio ». Il y a Raymond Marcillac, Nanou Taddei la première femme de Johnny Stark) et Roger Lanzac, le présentateur du « Jeu de la chance ».
Après l’audition, Mireille rentre à Avignon pour attendre la réponse. Elle attendra ainsi huit mois avant de recevoir la convocation pour participer à « Télé-Dimanche », le 21 novembre 1965.

Cette année-là, le général De Gaulle prépare son élection présidentielle et Johnny Hallyday, qui revient du service militaire, sa rentrée à l’Olympia. Le 20 novembre, la veille donc du passage de Mireille au « Jeu de la chance « , Johnny qui préparait le « Palmarès de la chanson » de Guy Lux entend Mireille Mathieu pour la première fois et déclare : « Elle a une belle voix, mais Piaf est encore trop proche. »

La vraie date de naissance de « Mireille Mathieu grande vedette », c’est donc à Paris, sur un écran de télévision, deux ans, un mois et dix jours exactement après la mort de Piaf. Dix millions d’inconnus devant leurs postes de télévision vont croire la grande Edith Piaf ressuscitée dans cette petite gamine d’Avignon âgée de 18 ans qui chante « Jézabel ».

Georgette Lemaire MMAV.jpgMireille est effrayée par tous ces gens de la télévision qui s’agitent autour des caméras. Et puis, elle est impressionnée par Georgette Lemaire « parce qu’elle est de Paris et qu’elle n’a pas d’accent », dira Mireille. Car Georgette Lemaire est là et depuis quatre semaines elle est la première, l’idole, la vedette de ce « Jeu de la chance ». Elle chante Piaf, elle aussi !

Dès les premières notes, quand elle apparaît sous les projecteurs, Mireille fait frémir ces dix millions de téléspectateurs anonymes qui enregistrent son nom comme on s’accroche à une étoile. Elle a peine fini de chanter « Jézabel » que c’est l’explosion. Le coup de foudre pour tous ceux qui ont la nostalgie de la voix de la grande disparue qu’est Edith Piaf. En trois minutes, de toute la France, les coups de téléphones affluent. Pour les un ce seras un cas, pour d’autres, un miracle, voire même une réincarnation. Pour les sceptiques – il y en a aussi – ce n’est qu’un feu de paille. Mais personne ne reste indifférent à cette apparition, à cette voix.

Roger Lanzac, le présentateur et annonce Mireille Mathieu et Georgette Lemaire à égalité… A l’instigation de Raymond Marcillac ? Mireille aurait-elle gagné avec 15 points d’avance comme l’avanceront certaines sources ? A ce jour personne n’a pu en apporter la preuve. Voyez à ce sujet l’article d’Avignon : « Jeu de la chance – Quand le cœur de la France balance » (cliquez ici).  

Le lendemain, le lundi 22 novembre 1965, Mireille trouve sa photo en première page de « France -Soir » accrochée aux kiosques à journaux ; la semaine suivante, Mireille Mathieu revient d’Avignon, cette fois avec Raoul Colombe.

A « Télé-Dimanche, Georgette Lemaire, parle d’abandonner. Roger Lanzac lui conseille de chanter, puis de se désister en faveur de Mireille Mathieu avant qu’il annonce les résultats. Il en sera ainsi. Mireille passera cinq semaines de suite à « Télé-Dimanche » et il lui suffira de quelques chansons de Piaf avec sa robe noire pour mettre la France à genoux devant elle. Ce sera sa marche triomphale vers la consécration.

guy lux,johnny stark,maurice chevalier,georgette lemaire,le jeu de la chance,raoul colombe,roger lanzac,raymond marcillac,21 novembre 1965,1965Ce dimanche de novembre 1965, Johnny Stark est devant son poste de télévision comme tout le monde. Il regarde « Télé-Dimanche ». Lorsqu’il voit apparaître sur l’écran un visage avec une frange, il s’écrie : « C’est ma petite d’Avignon ! ». Il veut en faire une vedette et, sans plus réfléchir, saute dans un taxi et débarque à la la « Maison de la Radio » pour rencontrer Mireille. Avec lui, Mireille va rapidement devenir la plus grande de toutes !

Trois jours plus tard il l’accompagne chez ses parents à Avignon. Johnny Stark et Raoul Colombe se rencontrent et c’est ainsi que l’homme qui a découvert Mireille (Raoul Colombe) passera la main en la confiant à celui qui va, dorénavant, la façonner.

L’accord de Roger Mathieu, le père de Mireille, est également obtenu (Mireille est mineure). Johnny Stark se met aussitôt à l’œuvre et ne va pas hésiter à engager d’énormes sommes avant de gagner réellement de l’argent avec elle.

Comme ballon d’essai, Johnny Stark emmène Mireille pour une tournée de quatre jours avec Hugues Aufray et France Gall (du 6 au 9 décembre 1965). Le test est bon, mais Johnny Stark n‘est pas entièrement satisfait.

Maintenant tout ira très vite. Mireille passe à l’Olympia dans le spectacle du jour de l’an de Sacha Distel, avec les trois chansons d’un répertoire qu’elle n’a même pas : « Je sais comment », « Le Noël de la Rue » et « L’Hymne à l’amour. »

Elle enregistre ensuite son premier disque avant de partir pour les Etats-Unis. Johnny Stark lui apprend à respirer, à parler, à chanter, à se tenir sur scène, à table et dans la société. Il lui enseigne comme s’habiller et faire vibrer les foules. Il y aura beaucoup de larmes, de crises de rage et de désespoir des deux côtés. C’est de là qu’est partie la légende de tyran et d’exploiteur de Johnny Stark. Bref, la crise de croissance sera terrible. Maurice Chevalier adopte Mireille sans hésiter et lui prédit : « Quand vous serez dégagée du fantôme de Piaf, vous deviendrez la reine du music-hall. »

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Sources : les biographie « Oui, je crois  » (J. Cartier) , « Mireille Mathieu » (Vick Vance), « Mireille Mathieu » (Christian Page), « La véritable Mireille Mathieu » (E. Bonini).
Adaptation : Ricochet « Avignon ».

Die Winterreise – Der Lindenbaum

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Der lindenbaum

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Autre très belle version : « Der Lindenbaum », par Brigitte Fassbaender

Fiction ou réalité ?

41yKlgzpZnL.jpgPour remercier Delphine de Vigan d’avoir mentionné le nom de Mireille dans son livre, « D’après une histoire vraie », je lui fais un peu de pub, d’autant que j’ai beaucoup apprécié le récit que Pierre Vavasseur (Aujourd’hui en France) qualifiait de formidable roman, malin, machiavélique, manipulateur de lecteur, ce récit est un déchirement. Parce qu’il faut bien le lâcher de temps en temps pour dormir un peu.

509371165.jpgDelphine de Vigan est également l’auteur de « Rien ne s’oppose à la nuit », un roman qui a reçu de nombreux prix (Prix du roman Fnac 2011  – Prix Renaudot des lycéens 2011  – Prix roman France Télévisions 2011 – Grand prix des lectrices de Elle 2012) et qui a connu un très grand succès de librairie.

L’auteur doit bien connaître Mireille, car qui, sinon elle, peut avoir une clause de confidentialité plus longue qu’un contrat ?

Extrait du roman

   De son côté, L. travaillait sur un texte qu’elle avait commencé avant l’été. Un de ces livres à gros enjeux sur lesquels elle s’engageait, par contrat, à ne rien dire. Un livre qui serait signé par quelqu’un d’autre qui prétendrait l’avoir écrit.
   J’ai questionné L. pour savoir de qui il s’agissait. Quelle actrice, quelle chanteuse ou quelle femme publique avait-elle, cette fois fait appel à sa plume ?
   L. était désolée, mais elle ne pouvait rien me dire. La clause de confidentialité était plus longue que le contrat lui-même, et elle ne pouvait prendre aucun risque. Une fois, il lui était arrivé de se laisser aller à une confidence, et la personne l’avait trahie involontairement. J’ai tenté une ou deux suppositions : Mireille Mathieu ou Ségolène Royal ?
   Le visage de L. restait impassible, je n’ai pas insisté.

Remarque : N’y voyez aucune allusion à « Oui, je crois » (Jacqueline Cartier) ou « La véritable Mireille Mathieu » (Emmanuel Bonini)… Nous sommes dans la fiction, l’histoire se situe en effet entre 2013 et 2016, et aucune (auto)biographie de Mireille n’est annoncée dans un proche avenir.

Livre, Delphine de Vigan, d'après une histoire vraie

« Le rock c’est ça » – Jean-Marc Quintana

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Livre : Le Rock c’est ca !
Auteur : Jean-Marc Quintana
Parution : 01.12.2014

Un Avignonnais à la manoeuvre pour raconter l’arrivée du rock en Vaucluse… Jean-Marc Quintana, un passionné qui s’est plongé durant deux ans dans les années 1961-1965 en Vaucluse.

Deux ans après son très réussi « Décélération punk » (aux éditions Camion Blanc), l’Avignonnais Jean-Marc Quintana publie un autre livre-repère, « Le Rock c’est ça ! », qui raconte avec force détails l’arrivée du rock en Vaucluse, entre 1961 et 1965.

Infirmier au CHS de Montfavet, ce stakhanoviste a, deux ans durant, fait témoigner une partie des musiciens d’alors et s’est plongé dans la lecture des journaux (dont Le Provençal et Le Méridional). On savoure son ouvrage, un millefeuille d’anecdotes fascinantes. Dont celle-ci, épique sur l’époque : en 1961, à Avignon, la star Vince Taylor tente en vain piquer le jeu de lumières des « Chaussettes Noires » d’Eddy Mitchell au Palace. Verdict : Taylor ira bouder dans le bar voisin, « Le Palais de la bière », au lieu de monter sur scène, suscitant la colère… d’Eddie Barclay !

Dès les prémices des années 1960, la jeunesse du département va vivre une révolution dans les esgourdes, avec l’effervescence liée à la constitution de groupes locaux : les Sharks, les Dan’s ou Bob Arnold et ses Blackboys à Avignon, les Rockers à Apt, les Félins à Carpentras, les Condors à Valréas, les Anges Noirs à Sorgues, les Anges Blancs à Cavaillon. Et moult homologues. « Certains utilisaient des enceintes de pick-up en guise d’amplis. En plus de ça, aucun magasin ne vendait de guitares électriques. Souvent, les musiciens électrifiaient eux-mêmes leur instrument, assure Jean-Marc Quintana. Mais il y avait une passion incroyable. »

johnny_sylvie_19641-3178345.jpg« Le système et le show-biz l’ont emporté et le rock n’roll a été balayé »

Un rock n’roll qui, parfois, donnera lieu à des débordements pendant les concerts (chaises qui volent, balustrade qui se fracasse, blousons noirs qui aiment se défouler, policiers en surnombre et à l’affût). « Ces incidents seront montés en épingle par la presse », note l’auteur.

À cette époque, les amateurs de rock et de twist vont se démener de 15 à 20 heures dans un dancing dernier cri, le « Twist Club », ouvert par Lucien Valli dans les rues piétonnes d’Avignon (au 40, rue des Marchands). À cette époque encore, le préfet de Vaucluse interdit un festival de rock au Roxy (rue Guillaume-Puy, à Avignon, 1962). « Mais dès 1965, le système et le show-biz l’ont emporté et le rock n’roll a été balayé », soutient Jean-Marc Quintana. « It’s only rock’n’roll » mais, définitivement, « we like it !« 

Livre disponible à Avignon (Fnac, Mémoire du monde, Genêts d’or, Maxi-livres, General music, La Licorne), à Orange (L’orange bleue), aux Angles (Pinups).

Source : La Provence.com 

166704973.jpgA noter la remarque du blog « KR’TNT » le blog rock’n’rol (cliquez ici) :

Ne soyons pas défaitistes, de tous ces jeunes vauclusois qui ont participé au maelstrom des années soixante, deux vont sortir de l’anonymat et atteindre à une gloire nationale pour l’un et internationale pour l’autre. Je vous livre les noms de ces deux rock and roll stars. Michele Torr pour la première. Et… Mireille Mathieu pour la seconde. Le livre se termine sur Mireille Mathieu dans l’avion qui la mène aux States pour sa participation à l’Ed Sullivan Show.

(Les photos ne sont pas extraites du livre)