Mes Tops – 44 : Les mains d’Elsa

Les mains d'Elsa.jpg

Les mains d’Elsa
(Poème de Louis Aragon)

Donne-moi tes mains pour l’inquiétude
Donne-moi tes mains dont j’ai tant rêvé
Dont j’ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé

Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d’émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes mains à moi

Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m’envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j’ai trahi quand j’ai tressailli

Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d’aimer qui n’a pas de mots

Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D’une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d’inconnu

Donne-moi tes mains que mon coeur s’y forme
S’y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.

Le poète évoque ici une personne de son domaine intime, la femme qu’il a aimée puis épousée. Angoissé, il attribue à Elsa une fonction protectrice. Il la prie, la sollicite et l’implore, jusqu’à la transfigurer.

Marc Ogeret naît le , dans le 6e arrondissement de Paris. Il commence à chanter des chansons de Félix Leclerc et de Léo Ferré aux terrasses des cafés vers 1954. Pierre Prévert, frère de Jacques Prévert, le remarque et lui donne sa chance. Ogeret commence à faire les cabarets (Chez Agnès Capri, puis La Colombe). Il reçoit le prix de l’Académie Charles-Cros en 1962 et le prix de l’académie de la chanson en 1963. En 1964, il passe en première partie de Georges Brassens à Bobino. Vingt ans plus tard il est fait chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.

En 1967, il est vedette d’un spectacle consacré à Aragon et enregistre le disque Marc Ogeret chante Aragon, son disque le plus vendu.

Marc Ogeret est décédé le 4 juin 2018 à Semur-en-Auxois.

Sources : Wikipédia & Echange

Publicités

Mes Tops – 43 : Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve

Fuir le bonheur.jpg

Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve 
Se dire qu’il y a over the rainbow 
Toujours plus haut le soleil above 
Radieux 
Croire aux cieux croire aux dieux 
Même quand tout nous semble odieux 
Que notre cœur est mis à sang et à feu

La chanson sort dans l’album Baby Alone in Babylone en 1983. Le titre s’inspire d’une phrase du peintre Francis Picabia tirée de son livre Jésus-Christ Rastaquouère (1920) : « Je fuis le bonheur de peur qu’il ne se sauve pas ». Serge Gainsbourg était un grand admirateur de Picabia, dont le livre lui a inspiré aussi le titre de sa chanson Lola Rastaquouère (1979).

La chanson apparaît dans un contexte particulier, après la séparation du couple Jane Birkin-Serge Gainsbourg.

« Nous venions de nous séparer. C’est là qu’il m’a proposé de nouveaux titres. « Mais, Serge, je n’ai pas besoin de faire un disque. » « Je te le dois », m’a-t-il répondu. Pendant une semaine, nous nous sommes retrouvés en studio. »

La chanson parle de la peur de perdre le bonheur. Cette crainte peut pousser à fuir tant que le bonheur est encore présent, avant qu’il ne disparaisse. Cette chanson a été vue « comme un credo personnel de l’artiste, qui aide à mieux cerner son mal de vivre ».

La chanson a été rapprochée du comportement consistant à quitter son partenaire sans explication : « on abandonne par peur d’être abandonné ».

Par son thème, elle rappelle une chanson de Barbara, Parce que (je t’aime) (1967).

Source : Wikipédia

Repères : « Je t’aime moi non plus », « Jane B », « Quoi », « Ex-fan des sixties », « Di Doo Dah », « Baby Alone In Babylone ».

Mes Tops 42 : Puisque vous partez en voyage

Puisque vous partez en voyage.jpg

Puisque vous partez en voyage
Vous m’avez promis mon chéri
De vous écrire quatorze pages
Tous les matins ou davantage

Pour que je voie votre visage
Baissez la vitre je vous prie
C’est affreux, je perds tout courage
Et moi je déteste Paris

La chanson de Jean Nohain et Mireille date de 1936, elle a été interprétée par Ray Ventura et ses collégiens, Mireille et Jean Sablon, Micheline Presle et Daniel Gélin, Georges Brassens, Sandrine Kiberlain et Jean Rochefort, Nathalie Dessay et Bénébar, etc. La version de Françoise Hardy et Jacques Dutronc date de l’an 2000 (album Clair-Obscur).

Été 36, les trains deviennent un des moyens de transports les plus attractifs pour ceux qui ont la chance de partir. Cette année-là, 600 000 billets de train sont vendus, et près de deux millions le seront l’année suivante. Les vacanciers affluent en masse dans tout le pays, sur la Côte d’Azur ou dans les stations balnéaires. Et pour certains couples, c’est bien la première fois qu’on se sépare, quelques jours, pour vivre d’autres aventures, comme le chantent Mireille et Jean Sablon… (France Musique)

Françoise Hardy connaissait bien Mireille car elle avait fréquenté dans les anneées 60  Le Petit Conservatoire de la chanson. Depuis 1967, Françoise Hardy a partagé la vie de Jacques Dutronc. À la fin des années 1990, ils décident de se séparer, et ils enregistrent ensemble une dernière chanson: Puisque vous partez en voyage.

Par rapport à la version originale, les rôles sont inversés, l’homme s’en va, et c’est la femme qui attend le départ du train. Les paroles sont légèrement actualisées, le chef de gare, jadis un cochon, devient ainsi un enfoiré.

Dans une interview de 2000, Françoise Hardy déclarait : « Mireille était une espèce de lutin très fantasque, pleine d’humour. Je trouvais que cela correspondait mieux à Jacques d’être la personne qui s’en va, et moi amoureuse transie qui reste sur le quai. Mais il n’a pas été satisfait à 100 %, et il a tenu a ce que l’on refasse cette chanson pour son propre album qui n’est pas encore prêt, et ou c’est lui qui reste sur le quai et moi qui part»

Sources : Wikipédia & France Musique

Mes Tops – 41 : Si tu étais

si tu étais.jpg

Si tu étais le temps
Je serai sablier
Et tu t’égrainerais en moi
Si tu étais le vent
Moi je serais voilier
Et je me gonflerais de toi
Si tu étais…
Mais tu es plus encore mon amour
Tu es, tu es…
Et tu remplis mes jours
Tu es de vie
Tu es d’amour
Tu es…

Salvatore Adamo est né en Sicile, dans la petite commune de Comiso, le 1er novembre 1943. Il restera fils unique pendant ses sept premières années. Son père Antonio est puisatier, et sa mère Concetta femme au foyer. En 1947, Antonio trouve un emploi de mineur en Belgique. Après Antonio en février, Concetta et son fils émigrent en juin pour la ville de Ghlin, puis de Jemappes.

Au cours des années 50, l’adolescent se révèle doué d’une voix particulière et se passionne pour le chant. En décembre 1959, il concoure avec une chanson de sa composition, « Si j’osais ». qu’il remporte brillamment. Très vite, Salvatore sort un premier 45 tours.

Après quatre disques passés inaperçus, Salvatore rencontre un premier succès en 63 avec « Sans toi ma mie ». A partir de là, tout va très vite. Le jour de ses 20 ans, il passe sur la scène de l’Ancienne Belgique à Bruxelles. Puis, il fait la première partie de Cliff Richard et des Shadows dans la célébrissime salle de l’Olympia à Paris.

Son profil de jeune homme sage et ses chansons charmantes font de lui un chanteur un peu à part qui plaît à tous les membres de la famille. Indéniablement doué pour l’écriture et bon musicien, celui qu’on appelle maintenant Adamo aligne les succès : « Tombe la neige » en 63, « Vous permettez Monsieur » en 64, « Les Filles du bord de mer » et « Mes mains sur tes hanches » en 1965. De plus, il entame de longues tournées à l’étranger qui remportent un triomphe sans précédent.

Salvatore ADAMO enregistrera ses chansons dans plusieurs langues, dont l’italien, l’espagnol, l’allemand, le néerlandais, le portugais, le turc, le japonais… ce qui lui vaudra de vendre la bagatelle de 100 millions d’albums dans une dizaine de langues différentes !

Si les années 80 et 90 ne sont pas fastes pour Salvatore ADAMO, il signera un retour triomphale dans les années 2000. D’abord en 2006 avec Olivia RUIZsur « Ce George(s) », puis l’année suivante avec un opus de duos reprenant ses plus grands succès: « Au bal des gens biens ». Un disque qui se vendra à près de 300 000 exemplaires.

La chanson « Si tu étais » est sortie en 1977.

Repères : « Vous permettez Monsieur », « Si jamais », « La nuit, « Les filles du bord de mer », « Quand les roses », « Petit bonheur », « C’est ma vie ».

Lisez la biographie complète sur le site Musique.rfi et Melody.fr.

Mes Tops – 40 : Casino

Casino.jpg

CASINO
Moi ma vie n’est qu’un casi, casino 
Une partie de baccara, bravo 
Celui qui gagne, me gagne en cadeau 
CASINO 
Elle sa vie n’est qu’un casi, casino 
Jetez vos plaques et vous aurez sa peau 
Au casi, casino 

Betty Mars voit le jour le 30 juillet 1944 à Paris. Dernière d’une famille de dix enfants, son itinéraire est celui des enfants prodiges : elle entre à l’École du Spectacle, joue la comédie au Théâtre du Petit Monde, fait du trapèze volant, monte un numéro de claquettes…

Un soir de 1960, elle remplace au pied levé une danseuse tombée malade au Concert Mayol. Deux mois plus tard, c’est elle qui mène la revue… qui durera trois ans. Devenue meneuse de revues, elle se produit aussi au Brésil et à Las Vegas – où une dame venue la voir lui prodigue quelques conseils : «Lève la jambe, ne regarde pas tes pieds, tiens-toi droite nom d’un chien ! ». La dame s’appelle Joséphine Baker.

En 1971, Botton lui propose la chanson Monsieur l’étranger, et la face B Ça, c’était un homme. «Visage parfait, corps splendide et voix de bronze» (P. Sevran), Betty charme la France…

Edimbourg, samedi 25 mars 1972. Accompagnée par le chef d’orchestre Franck Pourcel, Betty Mars représente la France à l’Eurovision avec Comé comédie, une nouvelle chanson de Botton. Le même mois, son premier 45 tours obtient le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles-Cros, dans la catégorie premier disque.

Quelque chose est stoppé net, Pathé semble hésiter sur la direction à prendre avec elle. Elle consacre tout un spectacle au répertoire de Piaf (1983), à contre-courant des tendances du moment. On peut toujours l’entendre à l’Orée du Bois, sur Radio Montmartre ou dans l’émission La Chance aux Chansons.

Au cinéma, elle a joué le rôle d’Esmeralda dans le film de Michel Audiard : Bons baisers… à lundi en 1974, et fait également partie de la distribution du film de Claude Lelouch Si c’était à refaire en 1976. Elle a également prêté sa voix au personnage d’Édith Piaf joué par Brigitte Ariel dans le film Piaf de Guy Casaril.

Le 31 janvier 1989, sans un mot, elle se jette par la fenêtre de son domicile, à La Défense ; elle s’éteint le 20 février à l’hôpital Foch de Suresnes.

Source : Edina Music & Wikipédia

 

Mes Tops – 39 : Ma solitude

Ma soltude

Pour avoir si souvent dormi
Avec ma solitude
Je m’en suis fait presqu’une amie
Une douce habitude
Elle ne me quitte pas d’un pas
Fidèle comme une ombre
Elle m’a suivi ça et là
Aux quatre coins du monde

Ma Solitude, titre également composé pour Serge Reggiani, il figure sur l’album Le Métèque, paru chez Polydor en 1969. À ne pas confondre avec le morceau chanté par Barbara, La Solitude . Les deux textes ont néanmoins la même thématique, le sentiment de solitude qui serait comme un compagnon, une présence apprivoisée: «je ne suis jamais seul avec ma solitude».

Cheveux longs et barbe broussailleuse, regard bleu étincelant, nonchalance bohème: avec sa « gueule » de « métèque », l’un de ses titres culte, Georges Moustaki a écrit plus de 300 chansons pour les plus grand interprètes français comme Edith Piaf, Yves Montand, Barbara ou Serge Reggiani.

Georges Moustaki, de son vrai nom Giuseppe Mustacchi, était né le 3 mai 1934 à Alexandrie, de parents juifs grecs immigrés en Egypte. Installé à Paris en 1951, il y avait rencontré Georges Brassens, dont il avait adopté le prénom en hommage.

« Le Métèque », traduit dans une douzaine de langues, l’avait révélé comme interprète en 1969. Mais il officiait depuis plus de dix ans comme auteur-compositeur. En 1959, il avait signé les paroles de « Milord » pour Edith Piaf, rencontrée l’année précédente et avec qui il avait une liaison. « J’avais une image de gigolo quand j’étais avec Piaf. Puis les gens ont vu que j’étais un auteur et cette image s’est effacée », reconnaissait cet éternel amoureux des femmes.

Elles ont marqué la vie de celui que son amie Barbara surnommait « ma tendresse ». « Celui qui se dit séducteur se trompe. Ce sont les femmes qui décident de se laisser séduire », aimait-il à dire. D’autres chansons sont devenues des classiques, comme celles interprétées en 1966 par Reggiani , « Sarah », « Ma liberté », « Ma solitude », « Votre fille a vingt ans », mais aussi « La Dame Brune » (Barbara, 1968), ou encore « Joseph », « La Marche de Sacco et Vanzetti ».

Sources : La Libre.be & Le figaro.fr

Repères : « Le Métèque », « Le facteur », « Il est trop tard », « Joseph », « La carte du Tendre ».

Mes Tops – 38 : Paris canaille

Paris canaille.jpg

Paris flonflon
T’as l’âme en fête
Et des millions
Pour tes poètes
Quelques centimes
À ma chanson
Ça fait la rime
Et c’est si bon…

Qui n’a fredonné Paris-Canaille ou Jolie Môme? Les chansons de Ferré sont toutes de révolte et d’ironie, de tendresse, de pudeur et d’un peu d’amertume. Révolte contre les fausses valeurs, tendresse pour les choses de la vie. (Babelio)

Paris Canaille est une chanson de Léo Ferré, publiée en clôture de son premier album paru chez Odéon en 1953. Elle est le premier succès commercial de Ferré, notamment dans la version chantée par Catherine Sauvage. Grâce à cette chanson Ferré sort définitivement de la précarité économique et commence à se faire connaître d’un public plus large. Refusée par les frères Jacques, Montand et Mouloudji elle fut enregistrée en 1952 par Catherine Sauvage qu’il avait rencontré dans les cabarets du Quartier Latin. Outre Catherine Sauvage, qui en est l’interprète emblématique, cette chanson a été interprétée par Renée Lebas (sa première interprète au disque), Colette Renard, Juliette Gréco (1962), Yves Montand, Marc Ogeret, et plus récemment Isabelle Aubret et Zaz (2014).

Sources : Wikipédia & Paris à nu

Repères : « La chanson de Prévert », « La javanaise », « Un petit poisson, un petit oiseau », « Sous le ciel de Paris », « Jolie môme », « Déshabillez-moi ».