MM et la jeune génération d’artistes

photo_1543491951.pngMireille Mathieu égratigne la jeune génération d’artistes qui « n’apprend pas son métier ».

Pour la promotion de son album « Mes classiques », Mireille Mathieu revient sur sa longue et foisonnante carrière dans « Paris Match ». La chanteuse y fait notamment part de ses impressions sur la jeune génération, qu’elle estime propulsée trop vite sous le feu des projecteurs.

On ne présente plus Mireille Mathieu. En plus de 50 ans de carrière, la demoiselle d’Avignon a enregistré quelques 1.200 chansons et vendu plus de 150 millions de disques, devenant l’une des ambassadrices les plus populaires de la langue française à travers le monde. Mais l’artiste de 72 ans se refuse à endosser ce rôle. « Je suis Française et fière de l’être, mais je ne suis pas une ambassadrice : je chante mon clocher pour faire chanter le monde. Et c’est ce qui me plaît » assure-t-elle dans un portrait que lui consacre Paris Match dans son dernier numéro.

L’occasion pour elle de faire le bilan de son extraordinaire parcours : « J’ai une vie sublime, c’est vrai. Dire que j’ai commencé dans une usine d’enveloppes… Mais je n’ai rien sacrifié pour ma carrière. C’était ma vie telle qu’elle devait être ». Sa passion pour la musique classique, qu’elle revisite dans son nouvel album « Mes classiques », Mireille Mathieu la tient de son père. « J’ai été bercée par les airs d’opéra que chantait mon papa, « Tosca », « Carmen »… J’avais ce rêve enfoui de les interpréter et quand ma maman est tombée malade (ndlr : en 2016), je me suis dit que c’était le moment de le faire. Je chantais ces mélodies pour elle, j’espère que cela lui a fait du bien sur la fin de sa vie ».

« Je pleurais souvent »

Pour ce projet cher à son coeur, Mireille Mathieu s’est préparée avec rigueur. « Je chante en sept langues différentes, c’est un travail énorme et minutieux, où il faut toujours apprendre. Comme un sportif, je m’entraîne tous les jours » affirme l’interprète du titre « Le premier regard d’amour »… qui en profite pour glisser quelques piques à la jeune génération. Pour l’icône, les artistes qui émergent aujourd’hui via YouTube ou la télévision ne font pas suffisamment mis en condition pour les feux des projecteurs. « La jeune génération est propulsée et n’apprend pas son métier. Moi, j’interprétais trois chansons en lever de rideau d’Hugues Aufray. J’ai pu me familiariser avec la scène et avec le public » explique Mireille Mathieu, qui a dû travailler avec acharnement pour mériter sa place dans l’industrie : « Johnny Stark, mon manager, était très dur, je pleurais souvent, mais il savait ce qu’il voulait. C’était bien ».

Pour autant, la chanteuse ne se dit pas contre les télé-crochets puisqu’elle y a goûté elle aussi à ses débuts. « Je suis issue du « Jeu de la chance », un radio-crochet. Sauf qu’à l’époque, on était uniquement sauvé par le public qui appelait en direct. Il ne peut pas y avoir meilleur choix » confiait-elle il y a quelques jours, pas vraiment convaincue de l’utilité des coachs dans « The Voice » : « Souvent les candidats sont meilleurs que les jurés ».

Yohann RUELLE

Source : ChartInFrance

N.B. – S’il y a bien une chanteuse qui a été propulsée dans la chanson dès sa 1re télévision c’est Mireille Mathieu. Si elle avait dû attendre d’être modelée à l’image que voulait lui donner Johnny Stark elle ne serait pas montée sur scène à l’Olympia quelques semaines après le « Jeu de la Chance » mais des années plus tard.
Heureusement pour ses fans, ni Mireille ni Johnny Stark n’ont eu cette patience, la poule aux oeufs d’or devant renflouer très vite les caisses vides du manager à la suite du départ de Johnny et Sylvie.
En 1968-1969, Mireille renonçait à passer en seconde partie du spectacle au profit de la formule « récital » qui évoluerait en couleurs et paillettes pour sombrer plus tard dans le noir Cardin.
Le succès mis à part, n’oublions pas que Mireille Mathieu a commencé – du moins pour ma part – à s’épanouir dans les années 75-80… et que son déclin, ou ce qui était injustement qualifié ainsi, a commencé assez bizarrement au moment où son « écolage » était terminé (décès du Butch en 1989).
Mireille Mathieu est (certains diront n’est que) chanteuse. Beaucoup de jeunes de la nouvelles génération sont chanteurs et auteurs compositeurs – et tout ça sans l’appui d’un Johnny Stark qui écrasait les concurrents de notre demoiselle par l’influence qu’il exerçait férocement sur les médias. En 50 ans de temps le monde de la chanson a changé. C’est bien d’avoir gagné le « Jeu de la Chance », chère Mireille, mais insistons un peu plus sur le fait qu’il n’y avait que 5 candidats par compétition et que cette victoire n’était somme toute que résultat d’un ex-aequo qui a poussé une concurrente à s’incliner devant une nouvelle venue. Déjà le pouvoir de Johnny Stark se mettait en place avec la complicité de Nanou Taddéi, sa première épouse.
Si Mireille peut se vanter d’être millionnaire en matière de vente de disques c’est précisément dû à la période où elle était en pleine formation. Enfin, de façon assez contradictoire Mireille lance un pique aux jurés (professionnels) jugés souvent moins  compétents que les débutants… Dieu seul sait qui elle souhaite vexer ainsi car cette déclaration est loin d’être gratuite. Et de façon contradictoire aussi, notre demoiselle qui se vante depuis des années à l’étranger d’être l’ambassadrice de la langue française, renionce à ce titre tout en se félicitant depuis un ans et plus dans les médias d’être officiellement distinguée comme ambassadrice de la langue russe. C’est Mireille, direz-vous… une chanteuse comme on n’en fait plus.

81e11-2332323243-15Georges Henry. – Je crois que certains medias transforment les propos de Mireille avec des titres accrocheurs. Vous êtes beaucoup plus nuancé.
Ce qui m’amuse c’est que ces medias relèvent ces propos maintenant alors que cela fait très longtemps qu’elle les répète ! Contrairement à ce qu’ils affirment, Mireille ne « dénigre » pas les jeunes chanteurs actuels ; je ne l’ai d’ailleurs jamais entendu dire du mal d’un artiste, quel qu’il soit. Elle a bien retenu la leçon de Stark qui l’avait remise à sa place un jour où elle avait dit : « Je n’aime pas Trini Lopez »…
Franchement, ce que dit Mireille dans ses interviews est rarement intéressant et original : ce sont des formules apprises par coeur et ressassées. On peut remarquer que même si le journaliste lui pose une question précise et pertinente, elle la contourne toujours pour retourner sur son texte : « tout a commencé pour moi…je suis l’aînée de 14 enfants…etc… ».
Je ne crois pas que les jeunes talents « propulsés trop rapidement » ou pas l’intéressent vraiment : ces propos sont un moyen de parler d’elle et de rappeler sa propre histoire.
Je ne suis pas du tout d’accord avec vous quand vous écrivez qu’elle se serait épanouie dans les années 75/80. Les premiers albums étaient magnifiques et aucune chanson n’était médiocre. En 72, il y a l’excellent album consacré à Francis Lai, par exemple. Dans les années que vous évoquez, il y a eu des titres réussis et des albums disques d’or mais aussi des flops, comme l’album « chante Paul Anka » qui ne s’est pas beaucoup vendu…

@ George Henry. – Je parle d’épanouissement en ce qui concerne sa personnalité, non ses succès. Le grand succès elle l’a précisément connu alors qu’elle était en plein écolage… Preuve qu’un talent en formation peut tout aussi bien remporter du succès qu’un vrai professionnel, tout étant question de bon management et de talent – de chance et de santé aussi. Je me souviens qu’à la suite de son concert à Bruxelles en 2002 j’avais fait part au gestionnaire du site français que je l’avais trouvée – enfin – libérée. Comme toute impression celle-ci était subjective. Et puis comme me l’indiquait souvent jadis mon professeur, n’hésitez pas à titiller vos lecteurs de manière à susciter des réactions. Cela dit, ne croyez pas que je manque pour autant de sincérité dans mes propos que je n’hésite pas à modifier dix fois si nécessaire tant qu’il ne représentent pas exactement le message que je souhaite transmettre. Bonne journée.

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2 commentaires sur « MM et la jeune génération d’artistes »

  1. Je crois que certains medias transforment les propos de Mireille avec des titres accrocheurs. Vous êtes beaucoup plus nuancé.
    Ce qui m’amuse c’est que ces medias relèvent ces propos maintenant alors que cela fait très longtemps qu’elle les répète ! Contrairement à ce qu’ils affirment, Mireille ne « dénigre » pas les jeunes chanteurs actuels ; je ne l’ai d’ailleurs jamais entendu dire du mal d’un artiste, quel qu’il soit. Elle a bien retenu la leçon de Stark qui l’avait remise à sa place un jour où elle avait dit : « Je n’aime pas Trini Lopez »…
    Franchement, ce que dit Mireille dans ses interviews est rarement intéressant et original : ce sont des formules apprises par coeur et ressassées. On peut remarquer que même si le journaliste lui pose une question précise et pertinente, elle la contourne toujours pour retourner sur son texte : « tout a commencé pour moi…je suis l’aînée de 14 enfants…etc… ».
    Je ne crois pas que les jeunes talents « propulsés trop rapidement » ou pas l’intéressent vraiment : ces propos sont un moyen de parler d’elle et de rappeler sa propre histoire.
    Je ne suis pas du tout d’accord avec vous quand vous écrivez qu’elle se serait épanouie dans les années 75/80. Les premiers albums étaient magnifiques et aucune chanson n’était médiocre. En 72, il y a l’excellent album consacré à Francis Lai, par exemple. Dans les années que vous évoquez, il y a eu des titres réussis et des albums disques d’or mais aussi des flops, comme l’album « chante Paul Anka » qui ne s’est pas beaucoup vendu…

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    1. @ George Henry. – Je parle d’épanouissement en ce qui concerne sa personnalité, non ses succès. Le grand succès elle l’a précisément connu alors qu’elle était en plein écolage… Preuve qu’un talent en formation peut tout aussi bien remporter du succès qu’un vrai professionnel, tout étant question de bon management et de talent – de chance et de santé aussi. Je me souviens qu’en 2002 j’avais dit au gestionnaire du site français qu’à l’occasion de son concert à Bruxelles, je l’avais trouvée – enfin – libérée. Une fois encore, c’est ici subjectif. Et puis comme me l’indiquait souvent jadis mon professeur, n’hésitez pas à titiller vos lecteurs de manière à obtenir des réactions. Cela dit, ne croyez pas que je manque pour autant de sincérité dans mes propos que je n’hésite pas à modifier dix fois si nécessaire tant qu’il ne représentent pas exactement le message que je souhaite transmettre. Bonne journée.

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