MM à Aix-la-Chapelle (Aachen)

31964220_1863111533728638_7389112042990338048_n (2).jpgDimanche 6.5.2018. – A six heures précises, ou presque, les lumières se sont éteintes et le rideau rouge découvrait un orchestre surmonté d’un écran géant en guise d’ouverture du concert de Mireille dans la ville de Charlemagne. Le film sur fond musical nous présentait des images de Mireille donnant rétrospectivement le ton au concert qui, refoulant toute morosité, sera à la fois évocateur du passé, souriant, rythmé et émouvant. Et l’hommage discret à Johnny Stark trouvera son prolongement tout au long du concert, la majorité des chansons interprétées datant de la grande période Stark, plus particulièrement celle où la formule du concert n’avait pas encore entièrement pris le dessus sur celle music-hall.

Mireille s’est ensuite avancée souriante vers le public, et émue de se retrouver dans une salle qui l’avait déjà accueillie lors des tournées précédentes a entamé sa première chanson : « Il faut croire » version française de « Glauben ». J’ai beaucoup apprécié sa petite robe grise dont la coupe nous est devenue familière, tout en souplesse et parée d’éclats miroitants sous la lumière des projecteurs et de riches dentelles rappelant les tatouages des temps anciens.

31957191_10215764786857952_6717413887001493504a_n (2)Si la tournée 2018 peut-être considérée à part entière comme une réussite, c’est aussi non seulement grâce à la présence indéniable et sa voix bien posée, mais aussi grâce à la prestation dynamique et nuancée de l’orchestre placée sous la direction de Thierry Bienaymé qui a succédé en 2017 à Jean Claudric qui était jusque-là le chef d’orchestre attitré de Mireille. Thierry Bienaymé serait, aux dires de ceux qui l’ont approché, un « monsieur d’une extrême courtoisie, d’une gentillesse à toute épreuve et d’une timidité qui le rend encore plus attachant ». A noter qu’on retrouve son nom avec celui de Jean Claudric et Roger Loubet pour l’orchestration des chansons de l’album « Mireille Mathieu chante Piaf ». (Orchestre : 1 accordéon, 1 flûte, 1 batterie, 2 claviers, 2 guitares, 2 violons, 1 alto (?), 1 violoncelle, 3 choristes.)

32082581_1862330103806781_2032158819710140416_n (3)Voici la liste de chansons interprétées ce dimanche 6 mai : Il faut croire – Tous les enfants chantent avec moi – La Paloma Ade – Martin – Je t’aime avec ma peau – Tara-Ting Tarata-Tong – Une histoire d’amour – Una Canzone – Es Geht Mir Gut Chéri – L’Hymne à l’amour – An Einem onntag In Avignon [entracte] Mon Crédo – Santa Maria – Un dernier mot d’amour – Der Pariser Tango – La voix de Dieu – Hinter den Kulissen von Paris – Une vie d’amour – Medley (Over The Rainbow, Sakura, Solamente Una Vez, Molly Roy, Ochi Chernye, Lascia ch’io pianga) – Meine Rose Akropolis Adieu – Amour défendu – Non, je ne regrette rien – Maman, la plus belle du monde – Prends le temps.

Sans tenir compte du medley, 10 chansons ont été interprétées en allemand et 14 français, ce qui me paraît un rapport tout à fait correct. Wolfgang signalait dans son commentaire de Düsseldorf une très belle interprétation de « Die Tage Der Liebe ». Mireille ne l’a pas interprétée à Aachen et c’est bien dommage. Il n’y a pas eu de chansons interprétées en rappels non plus, mais le triomphe était bien assuré !

Une mention particulière pour « Amour défendu », la plus belle version que j’ai entendue jusqu’à présent ; « Un dernier mot d’amour », qui se prête mieux à la « nouvelle » voix de Mireille et quelques autres interprétations parfaites comme : les chansons d’Edith Piaf, « Una Canzone » et « Maman, la plus belle du monde » que je m’étais pourtant juré de ne pas aimé. Je pense ici particulièrement à ma voisine luxembourgeoise dont le flot de larmes (communicatives) m’a sérieusement inquiété un sacré moment.

31958003_1863111713728620_320516220841361408_naEst-ce dû aux bons conseils de Thierry Bienaymé ou Mireille aurait-elle, enfin, oublié les conseils d’un célèbre professeur de chant (clin d’œil nostalgique à mes articles de 2005), toujours est-il que la voix m’a semblé parfaite du début à la fin. Par rapports aux derniers concerts auxquels j’ai pu assister, la prestation m’a ébloui. Mireille m’a aussi semblé – pour autant qu’on veuille admettre qu’elle l’a été – moins affectée qu’autrefois. Il est ressorti une impression de concert entre amis qui portent l’artiste dans le cœur plutôt qu’une face au public où il faut prouver son excellence. Et après tout, cette décontraction bienvenue était peut-être due a fait que Mireille savait que la Welttournée 2018 était gagnée à la veille du dernier concert à Hanovre, et que « son » public venait en grande partie pour évoquer des souvenirs, écouter des airs qui sont devenus de grands classiques de son répertoire, même si la plupart d’entre-eux sont légers et font moins penser aux grandes heures de l’opéra qu’à celles de bals populaires rondement menés par le savoir-faire de l’orchestre et de l’artiste. Saluons en passant le beau travail travail des éclairagistes et des techniciens du son.

Si la salle Euro(con)gress n’affichait pas complet, le public était cependant nombreux et généreux par ses ovations répétées, ses cadeaux inattendus et de nombreux bouquets de fleurs accompagnés des drapeaux français, allemand et européen.

Merci à Jean-Luc pour les photos.

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